Corse-Les discours des nationalistes choquent des élus

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    * Simeoni pour "une relation repensée" avec l'Etat 
    * Talamoni plaide pour l'indépendance 
    * Valls pour un dialogue "constructif et apaisé" 
    * Fillon, Chevènement choqués 
 
 (Actualisé avec réactions) 
    PARIS, 18 décembre (Reuters) - De nombreux responsables 
politiques ont dénoncé vendredi l'attitude du nationaliste 
Gilles Simeoni, élu jeudi président du conseil de l'exécutif de 
l'Assemblée de Corse et de Jean-Guy Talamoni, le nouveau 
président de l'Assemblée de Corse. 
    Chapitre inédit dans l'histoire de la Corse, les 
nationalistes ont remporté dimanche dernier les élections 
régionales. 
    Gilles Simeoni, maire de Bastia et avocat de profession qui 
fut notamment le défenseur d'Yvan Colonna, condamné pour 
l'assassinat du préfet Claude Erignac, a exhorté le gouvernement 
à prendre en compte le changement politique sur l'île. 
    "Ce cheminement politique, cette logique d'émancipation 
passent nécessairement par une relation repensée et reformulée à 
l'Etat. Un Etat qui ne peut plus être le seul à vouloir échapper 
à l'évidence: le peuple corse existe et il sera reconnu, parce 
que cela est conforme à l'Histoire et au droit", a-t-il dit. 
    Manuel Valls a appelé Gilles Simeoni auquel il a promis un 
"dialogue constructif et apaisé", précisant qu'il le 
rencontrerait prochainement. 
    Le Premier ministre a réaffirmé "son attachement à la place 
de la Corse dans la Nation et dans la République française et sa 
reconnaissance de la spécificité de l'île", a précisé Matignon.  
    Mais dans une allocution en langue corse, Jean-Guy Talamoni, 
à peine intronisé président de l'Assemblée insulaire, avait 
réaffirmé la nécessité de l'indépendance pour l'île.  
    Il a rappelé notamment le souhait que les "prisonniers 
politiques" (une notion qui n'est pas reconnue par la loi) 
bénéficient d'une loi d'amnistie. 
     
    "INADMISSIBLE" 
    Ce changement politique est intervenu dans l'île après 
l'union des deux familles nationalistes ayant passé le premier 
tour, les autonomistes de Gilles Simeoni et les indépendantistes 
de Jean-Guy Talamoni. 
    Tous les élus nationalistes, les deux présidents et les huit 
membres du conseil exécutif ont changé le protocole et ont prêté 
serment sur la Giustificazione della Rivoluzione di Corsica, 
l'ouvrage paru en 1758 servant de livre de chevet à Pascal 
Paoli, le père de la Révolution insulaire. 
    Dans un communiqué, l'ex-Premier ministre (Les 
Républicains)François Fillon a estimé que la légitimité de 
l'élection n'autorisait pas la nouvelle majorité corse "à 
s'exonérer du respect de la loi et à proférer vis-à-vis de la 
France des invectives dignes de l'agitation clandestine que l'on 
croyait révolue". 
    L'ex-ministre de l'Intérieur Jean-Pierre Chevènement a jugé 
l'attitude des leaders nationalistes "inadmissible", rappelant 
qu'une "cinquantaine d'assassinats" ont été commis au nom de 
l'indépendance de l'île.   
    Si elle se concrétisait, l'adoption du corse comme langue 
officielle aux côtés du français sur l'île de Beauté risquerait 
de provoquer "un éclatement de l'espace national", a-t-il ajouté 
sur Europe 1.  
    "La République n'a pas l'intention de baisser les bras et la 
loi sera la même pour tous, y compris en Corse", a dit 
Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat chargé du Parlement, 
également sur Europe 1. 
    "J'aime la Corse, j'aime les Corses, mais je ne suis pas 
partisan de l'indépendance", a déclaré pour sa part Jean-Luc 
Mélenchon (Front de gauche) sur BFM TV et RMC Info. 
 
 (Service France, édité par Sophie Louet) 
 
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  • M7361806 il y a 12 mois

    Un nationaliste ne doit plus demander de subventions du pouvoir central