CORRECTION USA2016-A quatre jours du dénouement, les démocrates saisis par le doute

le , mis à jour à 04:28
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    par Emily Stephenson et Amanda Becker 
    CONCORD/WINTERVILLE, Caroline du Nord, 4 novembre (Reuters) 
- A quatre jours du dénouement de l'élection présidentielle du 8 
novembre, le camp démocrate observe avec inquiétude les rafales 
de sondages qui montrent que la partie est encore loin d'être 
gagnée par leur candidate Hillary Clinton. 
    Alors que tous, ou presque, lui accordaient il y a dix jours 
encore une confortable avance sur son adversaire républicain, 
cet écart semble avoir fondu à la grande satisfaction des 
partisans de Donald Trump. 
    L'annonce, vendredi dernier, de la réouverture de l'enquête 
du FBI sur les courriels de l'ancienne secrétaire d'Etat, a semé 
le doute chez de nombreux électeurs démocrate. A cette enquête, 
s'est ajouté lundi la divulgation d'informations rapportant 
qu'une collaboratrice de CNN a transmis à l'avance des questions 
qui allaient être posées à Hillary Clinton d'un débat. 
    Si Hillary Clinton devance Donald Trump de six points selon 
le sondage Reuters/Ipsos rendu public mercredi, deux nouveaux 
sondages publiés jeudi, celui du New York Times et CBS et celui 
du Washington Post et d'ABC, montrent que l'avance de la 
candidate démocrate se réduit à cinq jours de la présidentielle 
du 8 novembre. 
    Le premier crédite Hillary Clinton de 45% des intentions de 
vote contre 42% pour Trump tandis que le second situe l'écart à 
deux points: 47% pour Clinton, 45% pour Trump. 
    Dans ce contexte, les deux candidats s'efforcent de 
convaincre les électeurs des Etats jugés décisifs, la Caroline 
du Nord, notamment, où Hillary Clinton et Donald Trump se sont 
rendus jeudi. 
    Selon le site RealClearPolitics, qui calcule la moyenne des 
derniers sondages en date, les deux candidats sont au 
coude-à-coude en Caroline du Nord, avec chacun 46,4% 
d'intentions de vote. 
    En Floride, autre Etat courtisé par Hillary Clinton et 
Donald Trump, la course est là aussi indécise puisque les deux 
candidats sont crédités de 46,1% des suffrages.  
    Le républicain fait la course en tête dans l'Ohio (+3,3 
points) et dans le Nevada (+2 points) tandis que son adversaire 
démocrate le dépasse d'une courte tête dans le New Hampshire 
(+0,8 point). Son avance est supérieure en Pennsylvanie (+3,0%) 
et dans le Colorado (+2,6 points). 
     
    "TOUS UN PEU NERVEUX" 
    Pour les partisans d'Hillary Clinton, qui voyaient arriver 
avec confiance la date du 8 novembre, la tendance est au doute 
et à l'anxiété. 
    "Je pense que nous sommes tous un peu nerveux", a reconnu  
Rajnandini Pillai, un universitaire Californien qui votera pour 
la candidate démocrate. "Tout semblait plié il y a deux 
semaines", a-t-il rappelé. 
    La perspective d'une victoire de Donald Trump n'a pas 
échappé à Barack Obama qui s'investit chaque jour un peu plus 
dans la campagne de son ancienne secrétaire d'Etat. 
    "Vous avez une opportunité de façonner l'Histoire", a-t-il 
lancé lors d'un rassemblement organisé en Floride. "Il arrive 
que l'Histoire puisse être bousculée, que vous puissiez faire en 
sorte que les choses aillent dans un sens ou dans l'autre. Nous 
sommes à un de ces instants". 
    Le resserrement de l'écart entre les deux candidats ébranle 
les marchés financiers, car les investisseurs n'excluent plus 
une victoire de Trump. Ces investisseurs voient généralement en 
Clinton la candidate qui maintiendra le statu-quo, tandis que la 
perspective d'un Donald Trump à la Maison blanche, plus 
incertaine, rend les marchés fébriles. 
    Donald Trump s'efforce de son côté de poursuivre sur la 
dynamique positive qui entraîne sa campagne insistant notamment 
sur les enquêtes visant son adversaire. 
    "Elle sera sans doute visée par des enquêtes pendant de très 
nombreuses années. Il est également probable que cela se termine 
par un procès pénal", a déclaré Donald Trump à Jacksonville, en 
Floride, avant de se rendre en Caroline du Nord où il a accusé 
le département de la Justice d'essayer de protéger sa rivale. 
    Son épouse, Melania, s'est de son côté risquée à apparaître 
seule en tribune, une première dans la campagne. 
    "Nous devons gagner le 8 novembre et nous devons nous 
rassembler, nous les Américains. Nous devons nous traiter avec 
respect et gentillesse, même lorsque nous sommes en désaccord", 
a-t-elle déclaré à Berwyn, près de Philadelphie, la plus grande 
ville de Pennsylvanie. 
 
 (Avec Jonathan Allen, Grant Smith et Luciana Lopez à New York, 
et Steve Holland et Susan Heavey à Washington, Nicolas Delame 
pour le service français) 
 
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