CORRECTION LEAD 1-Pour Rousseff, "l'avenir du Brésil est en jeu" dans son procès

le , mis à jour à 18:27
0
 (Aau 3e paragraphe, retrait de la mention selon laquelle il 
s'agissait du premier jour de son procès0) 
    par Anthony Boadle 
    BRASILIA, 29 août (Reuters) - Dilma Rousseff, la présidente 
brésilienne suspendue de ses fonctions, a jugé devant le Sénat 
lundi que l'avenir du Brésil était en jeu dans son procès en 
destitution, susceptible de mettre fin à son second mandat et à 
treize ans de gouvernements de gauche. 
    Rousseff, accusée d'avoir engagé des dépenses sans 
l'approbation du Congrès et d'avoir maquillé les comptes publics 
pour dissimuler l'ampleur du déficit budgétaire lors de la 
campagne présidentielle de 2014, a démenti tout abus.  
    Elle a comparé le processus de destitution lancé à son 
encontre depuis neuf mois à une conspiration pour l'évincer du 
pouvoir et préserver les intérêts des classes privilégiées. 
    "Ce dont nous allons être témoin est une sérieuse violation 
de la Constitution et un vrai coup d'Etat", a-t-elle déclaré. 
    Elle a ajouté que l'élite économique du pays et l'opposition 
cherchaient à déstabiliser son gouvernement depuis sa réélection 
en 2014. 
    Selon elle, l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement 
conservateur entraînerait une réduction des dépenses sociales, 
anéantissant les avancées de ces dix dernières années pour 
lutter contre la pauvreté. 
    "L'avenir du Brésil est en jeu", a-t-elle affirmé. 
    A l'extérieur du Congrès, une centaine de supporters ont 
scandé "Dilma, guerrière de la patrie brésilienne" à l'arrivée 
de son cortège. 
    Mais depuis sa réélection en 2014, Dilma Rousseff a vu 
fondre sa popularité auprès des Brésiliens, en lien avec le 
scandale de corruption de l'entreprise d'Etat Petrobras, et sur 
fond de récession économique. 
     
    54 VOTES REQUIS  
    Le vote final devrait avoir lieu dans la nuit de mardi à 
mercredi. Si la destitution est votée, le vice-président Michel 
Temer, âgé de 75 ans, qui assure l'intérim à la tête de l'Etat 
depuis mi-mai en attendant le procès, sera confirmé à la 
présidence pour le reste du mandat de Rousseff, jusqu'en 2018. 
    Issu du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), de 
centre-droit, il promet de mettre en oeuvre des mesures 
d'austérité impopulaires pour limiter le déficit brésilien. 
    Le président par intérim Michel Temer est convaincu 
d'obtenir le vote de deux tiers des sénateurs, nécessaire pour 
révoquer Rousseff. Il a prévu de s'adresser aux Brésiliens 
mercredi, avant de s'envoler pour le sommet du Groupe des Vingt 
en Chine. 
    "Il nous faut 54 votes, et nous nous attendons à en obtenir 
au moins 60", a dit à Reuters son porte-parole, Marcio de 
Freitas. Un grand nombre de votes contre Dilma Rousseff sera 
interprété par Michel Temer comme un signal d'encouragement pour 
mettre en oeuvre son programme d'austérité, a-t-il poursuivi. 
    Selon un sondage publié dimanche par le quotidien El Globo, 
53 sénateurs voteront contre Dilma Rousseff et 18 la 
soutiendront, bien en-dessous des 28 nécessaires pour lui éviter 
d'être révoquée. Dix sénateurs n'ont pas fait part de leur 
position, ou n'ont pas été interrogés dans cette étude. 
 
 (Julie Carriat, Laura Martin pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux