CORRECTION-Enquête sur la révélation d'une présence française en Libye

le , mis à jour à 14:39
0
 (Précise au 4§ commentaire du ministère) 
    * Des frappes "ponctuelles" seraient menées par la France 
    * L'enquête vise les sources d'un quotidien 
 
    PARIS, 24 février (Reuters) - Jean-Yves Le Drian a ordonné 
une enquête pour "compromission du secret de la défense 
nationale" après la publication par Le Monde d'informations sur 
la présence en Libye de forces spéciales françaises pour contrer 
l'Etat islamique, a-t-on appris mercredi dans l'entourage du 
ministre de la Défense. 
    Cette procédure prévue par le Code pénal vise les sources du 
quotidien, précise Le Point, qui a révélé l'information. 
    La France procède en ce moment en Libye "à des frappes 
ponctuelles très ciblées, préparées par des actions discrètes, 
voire secrètes", écrit mercredi Le Monde, qui fait également 
état de la présence du service Action de la DGSE, la Direction 
générale de la sécurité extérieure. 
    "Face à la menace de l'organisation Etat islamique (EI), la 
ligne fixée par le président François Hollande repose, pour 
l'heure, sur des actions militaires non officielles", ajoute le 
quotidien, dont les informations n'ont pas été commentées par 
l'entourage de Jean-Yves Le Drian. 
    Le Monde précise que la présence des forces spéciales a été 
repérée dans l'est de la Libye "depuis mi-février par des 
blogueurs spécialisés". 
    Les forces spéciales engagent la France "car leurs soldats, 
même très discrets, agissent sous l'uniforme", ajoute Le Monde.  
    Les Etats-Unis ont présidé à une possible intervention 
militaire occidentale en Libye en menant le 19 février un raid 
aérien dans l'est du pays, qui a fait une quarantaine de morts. 
    Le raid visait un camp d'entraînement de l'Etat islamique, 
et parmi les personnes tuées figure Noureddine Chouchane, un 
Tunisien soupçonné par les autorités de son pays d'être impliqué 
dans les attentats contre le musée du Bardo, à Tunis, en mars 
dernier, et un hôtel de la station balnéaire de Sousse, en juin. 
     
    VOLS DE RECONNAISSANCE 
    La France a toujours conditionné une éventuelle intervention 
militaire en Libye à une demande faite par un gouvernement 
d'union nationale et à la constitution d'une coalition. 
    Un projet de gouvernement d'union nationale n'a toujours pas 
abouti en Libye.   
    Quatre ans après la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye 
compte deux gouvernements et deux parlements concurrents, les 
premiers installés à Tripoli et les autres reconnus par la 
communauté internationale basés dans l'est du pays, ce qui a 
permis à l'Etat islamique de conquérir la région de Syrte. 
    Le Conseil présidentiel libyen a annoncé le 15 février une 
composition resserrée d'un gouvernement d'union dans le cadre 
d'un plan élaboré en décembre par les Nations Unies dans 
l'espoir de mettre un terme à la division du pays et de contrer 
l'influence croissante du groupe. 
    Mais, signe de la persistance des divisions sur la manière 
de réunir les différentes factions libyennes, deux des neuf 
membres du conseil ont une nouvelle fois refusé d'apposer leurs 
signatures au projet du gouvernement. 
    La France, qui alerte sur la situation en Libye depuis 2014, 
mène officiellement depuis plusieurs semaines des vols de 
reconnaissance et a mis en place une base militaire avancée à 
l'extrême nord du Niger, près de la frontière libyenne. 
|  
    Le gouvernement a toutefois répété maintes fois qu'il ne 
prendrait pas d'initiative seul. 
    "Il n'est absolument pas question que nous intervenions 
militairement en Libye", avait dit début février le ministre des 
Affaires étrangères d'alors, Laurent Fabius. 
    Au-delà de la décision politique, le chef d'état-major avait 
prévenu fin janvier que l'armée française ne pouvait pas, en 
l'état, intervenir sur un nouveau théâtre. 
    Evoquant une armée "au taquet" de ses contrats 
opérationnels, le général Pierre de Villiers avait estimé qu'un 
tel scénario nécessiterait soit une augmentation du budget 
Défense soit un désengagement d'un autre front. 
 
 (Gérard Bon, édité par Sophie Louet) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant