CORR-Tunisie-Préserver la démocratie à tout prix, dit Habib Essid

le , mis à jour à 17:25
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 (Modification du slug en TUNISIE-COUVRE-FEU) 
    TUNIS, 23 janvier (Reuters) - La jeune démocratie tunisienne 
sera préservée "quel qu'en soit le coût", a déclaré samedi le 
Premier ministre Habib Essid après quatre jours de violences 
nées du mécontentement de la population face au chômage. 
    Samedi, la situation était calme dans l'ensemble du pays, 
selon un porte-parole du ministère de l'Intérieur. Vendredi, le 
couvre-feu a été instauré pour la nuit au niveau national. Il 
court de 20h00 à 05h00 du matin. 
    La contestation a commencé mardi à Kasserine après le 
suicide d'un homme qui se serait vu refuser un emploi dans la 
fonction publique. Les manifestations ont ensuite fait tache 
d'huile dans tout le pays. Ce sont les plus importantes depuis 
le soulèvement de 2011 qui avait débouché sur le reversement du 
président autocrate Zine El Abidine Ben Ali et donné le coup 
d'envoi des "Printemps arabes". 
    La Tunisie est présentée comme un modèle de progrès 
démocratique depuis la Révolution de jasmin, mais le chômage et 
le coût élevé de la vie, notamment dans l'intérieur du pays, 
suscitent un mécontentement croissant. 
    Le pays est également sous la menace des islamistes qui ont 
revendiqué des attentats meurtriers l'an dernier et qui sont en 
train de se renforcer en Libye voisine. 
    Le Premier ministre Habib Essid a déclaré lors d'une 
conférence de presse qu'il comprenait les demandes des jeunes 
Tunisiens tout en montrant du doigt ceux qui cherchent à 
"détruire la transition démocratique" en profitant des 
manifestations. 
    Il a appelé "au calme et à l'unité nationale" et à une 
sécurité "totale" dans le pays "pour préserver notre jeune 
démocratie, qui est le seul exemple de réussite dans la région", 
a-t-il souligné. 
    Tout en faisant état de "progrès politique énormes", il a 
reconnu "beaucoup de difficultés économiques".  
    Les demandes économiques des jeunes seront satisfaites, 
a-t-il dit, "mais nous avons besoin d'un peu de temps pour 
cela". 
    La démocratie tunisienne ne sera pas détruite, a-t-il 
martelé, "quel qu'en soit le coût". 
    Les violences ont fait un mort et des dizaines de blessés au 
sein des forces de l'ordre. Plus de 70 personnes ont été 
interpellées pour des vols ou des dégâts matériels, selon le 
ministère de l'intérieur. 
 
 (Tarek Amara; Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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