CORR-Rwanda-La réforme constitutionnelle largement approuvée

le , mis à jour le
0
 (Bien lire au deuxième paragraphe 98,1% au lieu de 98,9%) 
    KIGALI, 18 décembre (Reuters) - Les électeurs rwandais ont 
massivement soutenu vendredi la réforme constitutionnelle 
autorisant la prorogation des mandats du président Paul Kagame à 
l'occasion d'un référendum critiqué par les Etats-Unis, l'un des 
principaux bailleurs de fonds du pays d'Afrique centrale, 
montrent des résultats partiels. 
    "La tendance laisse entrevoir une victoire du 'oui' avec 
98,1% et un 'non' situé autour de 1,9%. Mais ces résultats 
partiels portent sur 21 districts qui représentent 70% des 30 
districts où le scrutin a été organisé", a déclaré à la 
télévision Kalisa Mbanda qui préside la commission électorale. 
    Les résultats définitifs seront communiqués samedi à 11h00 
(9h00 GMT), a dit le secrétaire exécutif de la commission, 
Charles Munyaneza. 
    La réforme soumise au vote prévoit que Paul Kagame pourra 
briguer à nouveau la présidence après la fin de son mandat de 
sept ans en 2017.  
    Le texte lui permettrait en théorie de demeurer à la tête de 
l'Etat jusqu'en 2034. Il autoriserait le président sortant à 
briguer un nouveau mandat de sept ans en 2017 puis deux mandats 
de cinq ans par la suite.    
    Agé de 58 ans, l'ancien chef de la rébellion tutsie contrôle 
le Rwanda depuis que ses troupes du FPR (Front patriotique 
rwandais) ont marché sur Kigali pour mettre fin au génocide du 
printemps 1994. Il a été élu président en 2003 puis réélu 
triomphalement en 2010. 
    Les Etats-Unis ont salué à maintes reprises l'action menée 
par Paul Kagame pour rebâtir le pays depuis le génocide mais ils 
ont jugé récemment que le chef de l'Etat devait céder la place 
en 2017 à une nouvelle génération de dirigeants. 
    Le projet de réforme n'a toutefois pas suscité de 
protestations au Rwanda, contrairement à d'autres pays africains 
comme le Burundi ou la République du Congo où les présidents ont 
modifié la Constitution pour prolonger leurs mandats. 
    Paul Kagame, qui est issu de la minorité tutsie, décimée 
pendant le génocide par la majorité hutue, exhorte les Rwandais 
à s'identifier à une nation plutôt qu'à leur appartenance 
ethnique.  
    En dépit de ses succès sur les fronts économiques ou 
sociaux, son gouvernement est accusé de réprimer l'opposition 
politique et les médias, ce qu'il nie.  
    Le petit Parti démocratique vert du Rwanda (DGPR), la seule 
véritable formation d'opposition, a déposé un recours contre 
l'organisation du référendum qui a été rejeté. 
    "Kagame jouit à l'évidence d'un soutien public considérable 
dans le pays mais il est difficile de savoir ce que les Rwandais 
pensent vraiment", écrit Carina Tertsakian de Human Rights 
Watch, critiquant les restrictions à la liberté d'expression. 
    Le gouvernement fait valoir quant à lui que cette réforme 
constitutionnelle a été demandée par le peuple, une pétition 
réunissant 3,7 millions de signatures, sur une population totale 
de 11 millions d'habitants, ayant été adressée au parlement. 
 
 (Clement Uwiringiyimana,; Nicolas Delame et Jean-Stéphane 
Brosse pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant