CORR-Mercredi noir dans l'ouest de la France agricole

le , mis à jour à 12:49
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 (Corrige le prix du litre de lait, avant-dernier paragraphe) 
    RENNES, 27 janvier (Reuters) - Une grande partie du réseau 
routier des quatre départements bretons et les abords des 
grandes villes de l'Ouest devaient être paralysés mercredi par 
des barrages d'agriculteurs qui protestent contre la faiblesse 
des cours de leurs productions. 
    Une vingtaine de barrages sont prévus sur les principaux 
axes routiers mais aussi sur des routes départementales en 
Bretagne au cours de ce "mercredi noir" lancé par la Fédération 
Régionale des syndicats d'exploitants agricoles (FRSEA) et les 
Jeunes agriculteurs (JA) de Bretagne. 
    Les premiers tracteurs ont pris position mercredi matin pour 
bloquer les routes principales dans les Côtes D'Armor et le 
Morbihan. Ils devaient être suivis en début d'après-midi par de 
nouveaux barrages dans le Finistère et l'Ille et Vilaine, tandis 
que des manifestations sont également annoncées à Laval 
(Mayenne) et au Mans (Sarthe). 
    "Notre objectif est de bloquer l'activité économique de la 
région pour faire entendre nos revendications", a déclaré à 
Reuters Jean-Paul Riault, président des JA de Bretagne. 
    Ce responsable syndical a jugé hors sujet et non 
significatives les nouvelles aides annoncées mardi par le 
ministre de l'agriculture Stéphane le Foll, qui prévoit de 
débloquer 290 millions d'euros pour faire face aux crises 
sanitaires et économiques qui frappent les filières ovine, 
porcine, laitière et de palmipèdes. 
    "En annonçant 290 millions d'aides dont 130 millions seront 
alloués à la seule filière des palmipèdes touchée par la grippe 
aviaire, le ministre a d'abord recherché un effet médiatique et 
ne répond pas à nos demandes", déplore Jean-Paul Riault, qui 
estime très insuffisants les 125 millions d'euros prévus dans 
cette enveloppe pour les élevages porcins et laitiers et les 
producteurs de légumes en difficulté. 
     
    ETIQUETAGE 
    Afin de promouvoir le marché intérieur, les syndicats 
réclament un étiquetage sur l'origine des viandes pour 
l'ensemble des produits, frais et transformés, mesure qui 
pourrait toutefois se heurter aux textes de l'Union européenne. 
    Ils demandent également une harmonisation des normes 
sociales, environnementales et fiscales à l'échelle de l'Union, 
estimant que les distorsions actuelles avec leurs principaux 
concurrents européens sont une des raisons du manque de 
compétitivité des élevages français. 
    Les producteurs de porc et de lait réclament aussi une 
meilleure répartition des marges entre les éleveurs, les 
transformateurs et industriels et les distributeurs. 
    Cinq groupements de producteurs de porc ont décidé la 
semaine dernière de mettre en place une plate-forme de vente 
commune afin de peser davantage dans les négociation.  
    Le cours du porc est de 1,09 euro le kilo alors que son coût 
de production est estimé à 1,40 euros. Le prix du lait oscille 
entre 27 et 30 centimes le litre alors que le prix d'équilibre 
selon les syndicats est de l'ordre de 35 centimes. 
    "Quand on travaille 50 heures par semaine pour une 
rémunération qui est en dessous du RSA ou même à zéro, ça pose 
problème", s'insurge Jean-Paul Riault, qui estime que 25 à 30% 
des élevages de porcs sont menacés de disparition rapide. 
 
 (Pierre-Henri Allain, édité par Yves Clarisse) 
 
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