CORR-LEAD 2-La justice saisie sur le patrimoine des Le Pen

le , mis à jour à 17:38
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 (Bien lire que Cahuzac était ministre du Budget, non des 
Finances, § 10) 
    * Marine Le Pen et son père visés par la Haute autorité 
    * La présidente du FN dit avoir déposé un recours 
 
    PARIS, 21 décembre (Reuters) - La Haute Autorité pour la 
transparence de la vie publique (HATVP) a saisi lundi le parquet 
national financier du cas de Marine Le Pen et de son père 
Jean-Marie, qu'elle soupçonne d'avoir sous-évalué leur 
patrimoine détenu en commun en 2014. 
    La présidente du Front national a aussitôt annoncé avoir 
déjà déposé un recours pour "excès de pouvoir" devant le Conseil 
d'Etat, dénonçant "une volonté de nuire désormais systématique 
et outrancière". 
    L'organisme de contrôle estime qu'il existe notamment un 
"doute sérieux quant à l'exhaustivité, l'exactitude et la 
sincérité de leurs déclarations", du fait de "la sous-évaluation 
manifeste de certains actifs immobiliers détenus en commun" par 
le fondateur du Front national et son actuelle dirigeante. 
    Il fait également état dans un communiqué de "l'omission de 
biens immobiliers" par Jean-Marie Le Pen, exclu cette année du 
parti à l'issue d'un conflit avec sa fille. 
    La Haute Autorité a "jugé nécessaire de porter ces faits, 
susceptibles de constituer des infractions pénales, à la 
connaissance du procureur de la République financier et lui a 
transmis l'ensemble des deux dossiers", ajoute le texte. 
    La présidente du FN et son père sont tous deux députés 
européens.  
    Dans un communiqué, Marine Le Pen estime que "l'évaluation 
de parts minoritaires de SCI" effectuée par la HATVP "est 
totalement contradictoire et gravement surévaluée avec celle 
opérée, depuis de nombreuses années, par l'administration 
fiscale". 
     
    "NUMÉRO DE HARCÈLEMENT RÉPUBLICAIN" 
    Le père et la fille détiennent notamment en commun la 
propriété de Montretout à Saint-Cloud, dans les Hauts-de-Seine.  
    Jean-Marie Le Pen a dénoncé sur BFM TV et iTELE "un numéro 
de persécution ou un numéro de harcèlement républicain", mettant 
en cause l'indépendance de la HATVP, présidée par Jean-Louis 
Nadal, proche selon lui du pouvoir socialiste. 
    Selon lui, le gouvernement veut faire oublier le procès pour 
fraude fiscale de l'ancien ministre socialiste du Budget Jérôme 
Cahuzac, qui aura lieu dans quelques semaines. 
    Pour Florian Philippot, vice-président du FN, ces poursuites 
montrent que "Marine Le Pen est l'ennemi à abattre, la 
responsable politique qui fait peur au pouvoir". 
    Le code pénal punit d'une peine de trois ans de prison et de 
45.000 euros d'amende le fait d'omettre de déclarer une partie 
substantielle de son patrimoine ou de fournir une évaluation 
mensongère. 
    Le parti d'extrême droite est déjà la cible d'une 
information judiciaire ouverte en avril 2014 pour escroquerie, 
abus de bien social, complicité et recel de ces délits visant le 
financement de ses campagnes électorales. 
    Son trésorier, Wallerand de Saint-Just, a été mis en examen 
le 21 septembre à titre personnel pour recel d'abus de biens 
sociaux et le FN l'avait été auparavant comme personne morale. 
    Marine Le Pen, qui devrait être entendue comme témoin 
assisté, n'avait pas répondu en octobre à une convocation des 
juges parce qu'elle demandait leur dessaisissement, requête qui 
a été finalement rejetée. 
    L'enquête porte sur les liens financiers entre le microparti 
"Jeanne" de la présidente du FN et la société Riwal, qui 
s'occupe du matériel de campagne. 
    Les juges cherchent à savoir si le FN et "Jeanne" n'ont pas 
profité de facilités de paiement offertes par la société Riwal 
dans le cadre de campagnes électorales.     
 
 (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
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