CORR-LEAD 2-Affaire Garner-Deuxième nuit de manifestations aux USA

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(Corrige jour dans le premier paragraphe : jeudi et non mercredi) par Robert MacMillan et Frank McGurty NEW YORK, 4 décembre (Reuters) - De nouvelles manifestations qui se sont globalement déroulées dans le calme ont eu lieu jeudi à New York et dans plusieurs autres villes des Etats-Unis, au lendemain de la relaxe du policier responsable de la mort d'un père de famille noir non armé lors d'une interpellation, l'été dernier. Comme dans l'affaire Michael Brown, un adolescent noir non armé tué le 9 août par un agent blanc à Ferguson, dans le Missouri, un grand jury new-yorkais a estimé mercredi qu'il n'y avait pas lieu d'inculper le policier impliqué dans la mort d'Eric Garner, en juillet, à Staten Island. Le ministre américain de la Justice a toutefois promis jeudi l'ouverture d'une enquête fédérale exhaustive et impartiale. "Des poursuites seront engagées" s'il y a lieu, a poursuivi Eric Holder, qui a jugé nécessaire de restaurer la confiance de la population à l'égard des forces de l'ordre. Le ministre s'exprimait à Cleveland, dans l'Ohio, où il a présenté les conclusions d'une enquête ouverte en mars 2013, qui a été relancée le mois dernier par la mort d'un enfant de douze ans tué par la police alors qu'il jouait avec un pistolet factice. L'enquête en question a conclu à un recours excessif et systématique à la force. Comme la veille, plusieurs milliers de personnes ont manifesté en début de soirée à Manhattan, paralysant le trafic automobile. La tension est montée d'un cran vers 23h00 quand 3.000 personnes sont arrivées à Times Square en scandant "Qui protégez-vous ?" à l'adresse des policiers qui tentaient de leur faire quitter la chaussée. Des manifestants ont été interpellés, mais aucun heurt n'a éclaté. Quelques heures auparavant, quelques sit-in avaient eu lieu à des carrefours dans le bas de Manhattan. La police anti-émeute avaient demandé aux manifestants d'évacuer les lieux, ce que la plupart ont fait. L'ambiance de cette foule multiethnique était bruyante et enjouée, globalement pacifique. Plus tard, des vagues de marcheurs ont brièvement bloqué le trafic sur deux ponts reliant Manhattan à Brooklyn. Les manifestations de jeudi aux Etats-Unis ont en général réuni plus de participants que la nuit précédente. Dans la capitale, quelques centaines de personnes ont défilé jusqu'au département de la Justice en passant près de la Maison blanche, avant de se rassembler au Washington Monument pour un "die-in" qui également perturbé la circulation. LES POLICIERS EN FORMATION A Minneapolis, plusieurs dizaines de manifestants ont bloqué le trafic d'une autoroute, certains se couchant sur le sol au beau milieu de la voie, escortés par la police qui tentaient de les faire avancer. Des manifestations ont également été organisées à Chicago. Sur la côte Ouest, des manifestations ont eu lieu à Oakland et San Francisco. Un "die-in" sur Market Street à San Francisco a contraint les autorités à dévier partiellement le trafic. Face au mécontentement soulevé par le non-lieu de mercredi, la justice new-yorkaise a décidé de publier certains éléments de la procédure qui a conduit à l'abandon des charges contre le policier blanc. A la demande du procureur local, le juge Stephen Rooney de Staten Island a indiqué que les membres du grand jury avaient entendu 50 témoignages et examiné 60 documents et pièces à conviction avant de prendre leur décision. Les faits, qui ont été filmés par un passant et diffusés sur internet, se sont déroulés le 17 juillet dernier lors de l'interpellation d'Eric Garner, un père de famille noir sans arme, qui était soupçonné de revendre des cigarettes. L'homme obèse et asthmatique est plaqué au sol par plusieurs policiers. On l'entend clairement affirmer à celui qui l'étrangle qu'il ne parvient plus à respirer. Après avoir perdu connaissance, il est évacué vers un hôpital où son décès est constaté. Daniel Pantaleo, le policier mis en cause, a présenté ses excuses à la famille d'Eric Garner mais la veuve de ce dernier les a refusées. Les organisations de défense des droits civiques ont demandé la désignation d'un procureur fédéral spécial pour enquêter sur les violences policières. "Nous voulons que le département de la Justice reconnaisse le fait que le système ne fonctionne plus quand il s'agit des relations entre la police et les personnes de couleur", a dit le révérend Al Sharpton. A New York, le maire Bill de Blasio, qui a pris ses fonctions au début de l'année en promettant d'améliorer les relations entre la police et les minorités, a annoncé que tous les agents de la ville allaient suivre un nouveau cycle de formation. "Les gens doivent savoir que la vie des noirs et des métis compte autant que celle des blancs", a-t-il souligné. (Jospeh Ax, Fiona Ortiz, Sascha Brodsky, David Ingram, Kim Palmer, David Bailey, Laila Kearney; Pierre Sérisier, Jean-Philippe Lefief et Danielle Rouquié pour le service français)

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