CORR-LEAD 1-Syrie-Paris réaffirme sa ligne après la brèche parlementaire

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(Bien lire que Bapt est convoqué mardi par le PS, § 11) * Hammond et Fabius évoquent la "longue liste" de crimes * Fabius contre-attaque après la visite parlementaire * Les élus largement critiqués par la classe politique * Gérard Bapt convoqué vendredi au PS PARIS, 27 février (Reuters) - Paris et Londres ont réaffirmé vendredi leur ligne anti-Bachar al Assad après la brèche ouverte cette semaine par la visite d'une délégation parlementaire française à Damas, où elle a été reçue par un président syrien soucieux de briser son isolement. Ce déplacement, qui a suscité une polémique au sein de la classe politique française, a relancé le débat sur la nécessité de reprendre langue avec le régime syrien pour lutter plus efficacement contre l'Etat islamique (EI) au grand dam de Paris, adepte d'une ligne dure. ID:nL5N0W024I La France, qui apporte un soutien militaire à l'opposition modérée syrienne, a rompu ses liens diplomatiques avec la Syrie en mars 2012 pour protester contre la répression orchestrée par Bachar al Assad. "Depuis le palais où il est reclus, Bachar al Assad ne se contente plus de faire la guerre à son propre peuple : il a lancé une démarche d'auto-réhabilitation", écrivent les chefs de la diplomatie française et britannique Laurent Fabius et Philip Hammond dans une tribune publiée notamment dans le journal arabe publié à Londres Al Hayat et dans Le Monde. "Certains paraissent sensibles à ce discours : face à la terreur, disent-ils, l'injustice et la dictature seraient préférables au désordre", ajoutent les deux ministres. "En réalité, Bachar représente à la fois l'injustice, le désordre et la terreur. Et nous, France et Royaume-Uni, nous disons non aux trois." Au total, plus de 200.000 personnes ont été tuées dans le conflit syrien, qui a commencé en mars 2011 sous la forme d'une contestation pacifique et s'est transformé progressivement, sous l'effet de la répression, en rébellion armée, rejointe par la suite par des groupes djihadistes. Depuis les attentats de janvier à Paris, certains diplomates français ou membres des services de renseignement s'interrogent sur les limites de la ligne adoptée par Paris qui se traduit par une rupture de la coopération en matière de renseignements. "DÉMARCHE IRRÉFLÉCHIE" La visite en Syrie du député PS et président du groupe d'amitié France-Syrie à l'Assemblée nationale, Gérard Bapt, du député UMP Jacques Myard, du sénateur UMP et président du groupe d'amitié France-Syrie au Sénat Jean-Pierre Vial, et du sénateur UDI François Zocchetto, a provoqué une polémique en France. A l'exception de l'élu socialiste, ils ont tous été reçus par Bachar al Assad mercredi lors d'un entretien dont la teneur n'a pas été révélée. François Hollande, qui a dit ne pas avoir été prévenu de cette initiative, a poussé les partis politiques de ces élus à les sanctionner. Gérard Bapt est convoqué mardi prochain au siège du PS, dont le premier secrétaire a d'ores et déjà indiqué que des sanctions seraient prises à son encontre. Le président de l'UMP Nicolas Sarkozy a lui estimé que "dans une démocratie, on ne pouvait pas empêcher quatre gugusses" de faire ce qu'ils veulent". La démarche des quatre parlementaires est "une démarche irréfléchie, irraisonnée, complètement improvisée et qui porte atteinte évidemment à toute la marge d'action qu'une diplomatie solide peut avoir", a estimé de son côté François Bayrou vendredi, pointant le risque de manipulation. "Que de hommes politiques qui devraient avoir une attitude de responsabilité se livrent ce genre de choses, franchement, c'est à pleurer", a dit le président du MoDem sur France Info. Dans leur tribune, Philip Hammond et Laurent Fabius estiment que mettre fin aux espoirs du peuple syrien "d'un avenir meilleur avec une Syrie sans Bachar, ce serait radicaliser encore davantage de nombreux Syriens, pousser des modérés vers l'extrémisme et consolider un bastion djihadiste en Syrie". La solution, soulignent-ils, passe par la constitution d'un gouvernement d'unité, réunissant des membres de l'opposition et du régime existant. (Marine Pennetier et John Irish, édité par Yves Clarisse)

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