CORR-LEAD 1-Mali-L'Onu ouvre une enquête sur des exécutions de civils

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(Bien lire au 10e paragraphe que Ménaka été prise le mois dernier et non l'an dernier) BAMAKO, 22 mai (Reuters) - La mission des Nations unies au Mali, la Minusma, a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête sur des allégations d'exécution de civils dans le nord du Mali au lendemain d'affrontements entre rebelles séparatistes touaregs et milices pro-gouvernementales. Ces affrontements, qui ont eu lieu dans le village de Tin-Hamma, à 30 km au nord de Ménaka, dans la région de Gao, ont fait au moins six morts au sein de la population civile, et notamment un travailleur humanitaire malien, ont indiqué des rebelles et une source locale. Les Nations unies ont annoncé vendredi avoir dépêché une équipe d'enquêteurs qui devront vérifier des allégations de graves violations des droits humains et d'exécution d'un certain nombre de civils. "Ces exactions feraient suite aux affrontements qui ont opposé le 20 mai des membres de la Plateforme (les milices pro-gouvernementales) et de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA)", indique le communiqué de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali. Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), membre de la CMA, déclare pour sa part dans un communiqué que neuf personnes, dont deux travaillant pour des agences humanitaires internationales, ont été arrêtées par les milices pro-gouvernementales et exécutées. Plusieurs autres personnes sont portées disparues, ajoute le MNLA. "L'exécution a eu lieu en public, au marché aux bestiaux de la ville et les corps étaient toujours exposés sur la place publique à 15h00 GMT", déclare le MNLA dont le communiqué cite les noms des neuf victimes. Ni le gouvernement malien, ni les milices n'ont pu être contactées pour obtenir une réaction. La Minusma souligne que "si les informations rapportées sont avérées, ces actes constitueraient des crimes graves dont les responsables devront rendre compte devant la justice". La Minusma se dit préoccupée "devant l'escalade alarmante des confrontations dans plusieurs localités du nord du Mali", en violation du cessez-le-feu signé l'an dernier entre le gouvernement, ses alliés et les groupes séparatistes du nord. On indique chez les rebelles vendredi que les combats ont repris autour de Ménaka, dont se sont emparés des pro-gouvernementaux le mois dernier. Cette information n'a pas été confirmée par l'armée. Les violences se poursuivent dans le nord du Mali malgré l'intervention française de 2013 qui a permis de repousser les rebelles liés à Al Qaïda qui s'étaient emparés des deux tiers du pays en 2012. (Souleymane Ag Anara; Danielle Rouquié pour le service français)

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