CORR-LEAD 1-La Suède reconnaît l'Etat palestinien

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(Supprime référence au premier pays occidental dans §1) par Simon Johnson STOCKHOLM, 30 octobre (Reuters) - Le gouvernement suédois a officiellement reconnu jeudi l'Etat de Palestine et dit souhaiter que son initiative permette une relance du processus de paix israélo-palestinien. "Notre décision survient à un moment crucial parce qu'au cours de l'année écoulée, nous avons observé un coup d'arrêt aux pourparlers de paix et vu comment des décisions relatives à de nouvelles implantations en territoire palestinien occupé ont compliqué la solution à deux Etats et comment la violence est revenue à Gaza", a expliqué la ministre des Affaires étrangères, Margot Wallstrom. "En prenant cette décision, nous voulons insuffler une nouvelle dynamique dans ce processus de paix à l'arrêt", a-t-elle dit, en ajoutant que Stockholm ne prenait pas partie. Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a salué l'initiative suédoise, qui a été critiquée en Israël. Elle est également désapprouvée par les Etats-Unis, principal soutien de l'Etat juif. Les Palestiniens revendiquent un Etat indépendant en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, avec pour capitale Jérusalem-Est. Ces territoires ont été occupés par Israël lors de la guerre des Six-Jours en 1967. Israël s'est retiré de la bande de Gaza en 2005 qu'elle soumet depuis à un strict blocus et à des opérations de représailles militaires quand des roquettes sont tirées sur son territoire à partir de l'étroite enclave. Des années d'efforts pour parvenir à la création d'un Etat palestinien n'ont pratiquement rien donné depuis la création d'une Autorité palestinienne après les accords d'Oslo en 1993. La dernière série de pourparlers, sous la houlette des Etats-Unis, a échoué en avril dernier alors qu'Israël continue à implanter des colonies de peuplement en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Face à ce blocage, les Palestiniens estiment désormais qu'il n'y a pas d'autre choix que de procéder unilatéralement. Au total, 135 pays reconnaissent déjà l'Etat palestinien, parmi lesquels plusieurs pays d'Europe de l'Est qui l'ont fait avant d'entrer dans l'Union européenne. La décision de la Suède a été immédiatement critiquée par Israël. Son ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman l'a qualifiée de "décision misérable" de nature à renforcer la frange extrémiste des Palestiniens. DATE LIMITE : 2017 "Le gouvernement suédois doit comprendre que les relations au Proche-Orient sont plus complexes qu'un meuble Ikea à monter soi-même", a déclaré Avigdor Lieberman dans un communiqué. Les dirigeants palestiniens ont pour leur part demandé aux autres pays de suivre l'exemple de la Suède, en soulignant que la création d'un Etat palestinien indépendant renforcerait les chances de paix. "Cette décision est un message à Israël et une réponse à l'occupation des terres palestiniennes", a commenté Nabil Abou Roudeinah, porte-parole de Mahmoud Abbas. Le négociateur en chef palestinien Saëb Erekat a annoncé il y a une semaine qu'une résolution allait être présentée le mois prochain au Conseil de sécurité des Nations unies fixant à novembre 2017 la date limite pour la création de deux Etats basés sur les frontières existantes avant la guerre des Six-Jours. Les Palestiniens espèrent un effet d'entraînement de la part des pays européens. Le Parlement britannique a demandé symboliquement le 13 octobre au gouvernement britannique de reconnaître l'existence d'un Etat palestinien. ID:nL6N0S84XZ Des votes similaires sont attendus en Espagne, en France et en Irlande. Alors que le projet suédois était en cours, les Etats-Unis ont estimé ce mois-ci qu'une reconnaissance internationale d'un Etat palestinien serait prématurée. Un Etat ne pourra être créé qu'à partir d'un processus négocié, estiment les Etats-Unis. L'Assemblée générale des Nations unies a approuvé de fait la reconnaissance d'un Etat de Palestine en 2012, mais l'Union européenne ne l'a pas encore fait. L'Union européenne a rappelé jeudi que son objectif était une solution à deux Etats avec un Etat palestinien indépendant vivant en paix aux côtés d'Israël. "Pour y parvenir, il est important que des négociations directes reprennent le plus vite possible", a déclaré la porte-parole de la Commission européenne Maya Kocijancic lors d'une conférence de presse. Quant à la reconnaissance proprement dite, a-t-elle ajouté, elle se fera "le moment venu". (Avec Daniel Dickson à Stockholm, Dan Williams à Jérusalem, Noah Browning à Ramallah et Foo Yun Chee à Bruxelles; Henri-Pierre André et Danielle Rouquié pour le service français)

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