CORR-Hollande au Kremlin avec l'idée de "progresser" contre Daech

le , mis à jour à 13:54
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 (Corrige la citation de Hollande, § 11, supprime une première 
partie qui était erronément attribuée au président) 
    * Paris et Moscou désormais unis contre le terrorisme de 
l'EI 
    * La France pour une "meilleure coordination" sur le terrain 
    * Hollande évoque le maintien d'Assad jusqu'à des élections 
 
    par Elizabeth Pineau 
    MOSCOU, 26 novembre (Reuters) - François Hollande espère 
progresser sur le dossier syrien lors de son dîner de travail 
avec Vladimir Poutine ce jeudi à Moscou, étape majeure de son 
marathon diplomatique mené sur fond de tensions accrues, 
notamment entre la Russie et la Turquie. 
    Deux jours après sa rencontre avec Barack Obama à 
Washington, le président français tentera de jeter des ponts 
avec le chef du Kremlin pour renforcer la coordination militaire 
contre Daech et trouver une porte de sortie politique à Damas. 
    Il tentera aussi de faciliter une "désescalade" après les 
complications provoquées par le crash d'un avion de chasse russe 
abattu mardi par la Turquie, qui l'accuse d'avoir violé son 
espace aérien.  ID:nL8N13K53Q  
    Dans ce contexte éruptif, l'idée d'une "grande coalition 
unique" contre l'Etat islamique (EI, Daech) semble dans 
l'impasse, notamment en raison des réticences américaines. Paris 
parle désormais de trouver des "modalités de coordination" 
permettant d'être plus efficace sur le terrain.    
    "On veut progresser. Si on peut travailler ensemble pour 
être plus efficace, faisons-le", résume un diplomate français. 
    Daech est l'ennemi désigné de la Russie et de la France 
depuis les attentats commis le 31 octobre contre un charter 
russe au-dessus du Sinaï, puis le 13 novembre à Paris.  
    Le drame français a provoqué une intense émotion en Russie, 
pays régulièrement confronté au terrorisme. Dès la nuit des 
attentats, les Moscovites sont venus par milliers déposer fleurs 
et bougies devant l'ambassade de France. 
     
    "LES RUSSES ONT LA HANTISE QUE LA GUERRE REPRENNE"    
    Désormais disposée à faire des Russes ses alliés contre 
Daech, la France espère convaincre Vladimir Poutine de 
concentrer ses frappes sur l'EI plutôt que sur les forces 
d'opposition modérées à Bachar al Assad, ce que Moscou dément. 
    Paris insiste aussi sur l'urgence d'empêcher le président 
syrien de bombarder la population civile et d'engager un 
processus conduisant au départ du pouvoir de Bachar al Assad, 
soutenu par Moscou et Téhéran.   
    Sur ce dernier point, François Hollande s'est montré précis 
jeudi matin après une rencontre avec le président du Conseil 
italien Matteo Renzi à l'Elysée.  
    "Le processus de Vienne doit être mené jusqu'à son terme 
c'est-à-dire avec une transition politique et des élections qui 
forcément aboutiront au départ de Bachar al Assad", a-t-il dit. 
    A Moscou, un diplomate occidental explique que "les Russes 
ne se sentent pas mariés avec Assad mais ils veulent à tout prix 
éviter la destruction d'un régime qui conduirait une 
'libyanisation' ou un 'somalisation' de la Syrie."  
    Ce diplomate espère une inflexion du Kremlin tenant compte 
de la sensibilité d'une population russe traumatisée par les 
guerres en Afghanistan, en Tchétchénie et en Ukraine. "Les 
Russes ont la hantise que la guerre reprenne. Cette obsession 
pèsera dans l'équation syrienne", dit-il.  
    Pour faire avancer les choses, Paris compte aussi sur la 
relation personnelle entre Vladimir Poutine et François 
Hollande, qui se sont vus une demi-douzaine de fois en deux ans 
et se parlent souvent au téléphone.  
    "Ils se tutoient, ils ont des rapports tout à fait normaux 
de dirigeants qui ont beaucoup travaillé ensemble", fait valoir 
un diplomate français. 
    Le dossier ukrainien, pour lequel François Hollande et la 
chancelière Angela Merkel ont joué les facilitateurs, devrait 
être abordé jeudi soir. Les choses progressant sur le terrain et 
Moscou espère la levée d'une partie des sanctions occidentales 
prononcées après l'annexion de la Crimée par Moscou.       
    Vladimir Poutine fera l'aller-retour à Paris lundi prochain 
pour l'ouverture de la conférence mondiale sur le climat, qui 
réunira quelque 140 chefs d'Etat et de gouvernement dans la 
capitale française. 
 
 (Avec Jean-Baptiste Vey à Paris, édité par Yves Clarisse) 
 
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