CORR-GB-La Banque d'Angleterre abaisse ses prévisions de croissance

le , mis à jour à 14:18
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(Bien lire 2,5% et non 2,4%, §2) LONDRES, 13 mai (Reuters) - La Banque d'Angleterre a abaissé mercredi ses prévisions de croissance de l'économie britannique pour les trois prochaines années et apporté un soutien prudent aux anticipations par les marchés d'une première hausse des taux d'intérêt d'ici un an environ. Dans son rapport trimestriel sur l'inflation, la banque centrale dit prévoir désormais une croissance de 2,5% du produit intérieur brut (PIB) cette année, soit un demi-point de moins qu'en février, un nouveau chiffre plus proche de celui attendu par la plupart des économistes. La croissance en Grande-Bretagne a atteint 2,8% l'an dernier, la meilleure performance de l'ensemble des grandes économies avancées, retrouvant enfin son niveau d'avant la crise financière de 2008. Mais l'activité a ralenti en début d'année, un défi pour le nouveau gouvernement formé par le Premier ministre David Cameron après sa victoire aux législatives de la semaine dernière. Pour la Banque d'Angleterre (BoE), la révision à la baisse de la prévision de croissance s'explique par les anticipations d'une remontée des taux d'intérêt plus rapide qu'attendu il y a trois mois, mais aussi par l'appréciation de la livre sterling et la dégradation des perspectives du marché immobilier et de la productivité. Elle prévoit 2,6% de croissance en 2016 et 2,4% en 2017. PREMIÈRE HAUSSE DE TAUX ANTICIPÉE AU 2E TRIMESTRE 2016 Après avoir jugé en avril que le rythme de remontée des taux anticipé par les marchés était inhabituellement lent, la BoE semble aujourd'hui plus satisfaite des anticipations. "Une trajectoire qui n'impliquerait qu'une hausse graduelle du taux de base au cours des prochaines années, en ligne avec la trajectoire actuelle des marchés, reste cohérente avec l'absorption des capacités excédentaires et le retour de l'inflation vers l'objectif d'ici deux ans", dit le rapport. Les prévisions de la BoE s'appuient sur l'hypothèse d'une remontée du taux directeur de 0,5%, son niveau actuel, au deuxième trimestre de l'année prochaine (trois mois plus tôt qu'attendu en février), qui le porterait à 0,9% en moyenne sur les trois derniers mois de 2016. La banque centrale se dit parallèlement toujours préoccupée par le fait que les marchés obligataires n'anticipent qu'une remontée très limitée des taux d'intérêt mondiaux. Soutenus par le rebond des cours du pétrole et la probabilité renforcée d'une hausse des taux aux Etats-Unis, les rendements obligataires ont fortement augmenté depuis la réunion de politique monétaire de la BoE vendredi dernier. Pour la banque centrale, l'inflation britannique, nulle pour l'instant, devrait revenir d'ici deux ans à son objectif de 2% en rythme annuel. "Même s'il est possible qu'elle devienne momentanément négative à court terme, l'inflation devrait remonter nettement en fin d'année, la comparaison en rythme annuel ne prenant plus en compte les baisses passées de prix", a dit le gouverneur Mark Carney lors d'une conférence de presse. La livre cédait du terrain face au dollar et les contrats à terme sur les obligations d'Etat britanniques ont brièvement monté après le rapport et les déclarations de Mark Carney. La BoE a par ailleurs revu en baisse ses prévisions d'évolution des salaires: ceux-ci devraient augmenter de 2,5% cette année, soit d'un point de moins qu'attendu en février, et de 4% l'année prochaine. (David Milliken et William Schomberg, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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