CORR-Die Linke pourrait prendre les commandes du land de Thuringe

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(Bien lire Bodo et non Bobo pour le prénom de Ramelow) BERLIN, 5 décembre (Reuters) - Le vent de la guerre froide souffle à nouveau en Allemagne, où un membre de Die Linke (La Gauche) pourrait prendre les commandes du land oriental de Thuringe avec l'aide du Parti social-démocrate (SPD) et des Verts à l'issue du scrutin organisé ce vendredi à l'assemblée locale. Cette perspective ne plait guère à la CDU de la chancelière Angela Merkel, qui craint qu'une telle alliance ne s'impose un jour au niveau national. Elle partage pour le moment le pouvoir avec SPD, qui, comme les Verts, s'est vu accuser de trahir les victimes de la dictature est-allemande en coopérant avec Die Linke, née de la fusion du Parti du socialisme démocratique, maître de l'ex-RDA, et de l'Alternative électorale travail et justice sociale (WASG). Le mouvement n'a jamais dirigé aucun land. Plusieurs milliers de personnes ont défilé à Erfurt, chef lieu de la Thuringe, pour s'opposer à Bodo Ramelow, son candidat au poste de ministre-président, jugé trop proche de Moscou et hostile à l'Otan. "Cet accès de paranoïa digne de la Guerre froide est bizarre. On a l'impression d'être dans un land frontalier de la Russie plutôt que de la Hesse et que les chars soviétiques sont prêt à débouler", observe Gero Neugebauer, professeur de sciences politiques à l'Université libre de Berlin. "La réalité, c'est que l'arrivée de Die Linke à la tête d'un land serait un grand pas en avant pour l'unité de l'Allemagne." Si la CDU est tellement hostile à la formation d'une coalition Die Linke-SPD-Verts, c'est qu'elle a perdu six Länder depuis 2009 et qu'elle n'en gouverne plus que cinq sur les 16, poursuit-il. En aidant Bodo Ramelow à accéder au poste de ministre-président, le SPD mettrait fin à 24 ans d'hégémonie de la CDU en Thuringe. "Nous avons une chance d'ouvrir un nouveau chapitre de l'histoire allemande avec le SPD et les Verts", déclaré l'intéressé. Originaire d'Allemagne de l'ouest, ce syndicaliste a emménagé à l'est peu après la chute du mur de Berlin. Sa coalition dispose tout juste de la majorité. Il ne pourra donc être élu sans faire le plein des voix du SPD et des verts. (Erik Kirschbaum, Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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