Corée du Sud-Nouveau Premier ministre, sur fond de scandale

le , mis à jour à 08:56
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    par Christine Kim 
    SEOUL, 2 novembre (Reuters) - La présidence sud-coréenne a 
annoncé mercredi la désignation de Kim Byong-joon au poste de 
Premier ministre et celle de Yim Jong-yong à celui de ministre 
des Finances alors que le pays traverse une période de 
turbulences politiques. 
    Kim Byong-joon, chef de cabinet de feu l'ancien président 
Roh Moo-hyun, remplacera Hwang Kyo-ahn à la tête du 
gouvernement. Yim Jong-yong, qui présidait jusqu'alors la 
commission des Services financiers, remplace quant à lui Yoo 
Il-ho au ministère des Finances. 
    Nommer Kim, qui a une réputation d'ouverture, apparaît comme 
une manoeuvre de la présidente Park, conservatrice, pour apaiser 
la colère de l'opininon et tenter de se concilier l'opposition 
concernant le scandale impliquant une proche de la présidente, 
Choi Soon-sil, qui a été placée lundi soir en détention 
provisoire et se trouve sous le coup d'une enquête. 
    Les procureurs viennent d'inculper cette femme d'abus de 
pouvoir et de tentative de fraude et de demander sa mise en état 
d'arrestation. 
    Le remaniement ministériel, qui inclut aussi la nomination 
d'un nouveau ministre de la Sécurité publique, ne satisfait 
guère l'opposition. 
    "Le remplacement du Premier ministre et du ministre des 
Finances ne peut avoir lieu sans qu'il y ait discussion avec 
l'opposition", a déclaré Park Jie-won, chef d'une formation 
d'opposition, le Parti du peuple. 
    "La Maison bleue (présidence) a nommé en Kim la bonne 
personne pour diriger le gouvernement vers l'avenir du pays et 
pour surmonter les difficultés actuelles", a rétorqué le 
porte-parole de la présidence, Jung Youn-kuk. 
     
    APPELS A LA DÉMISSION DE PARK 
    La cote de popularité de la présidente est tombée à 17,5% 
dans le baromètre Realmeter, son plus bas niveau depuis son 
investiture en février 2013. Son parti Saenuri (droite) est pour 
sa part devancé par le Parti démocratique d'opposition dans les 
intentions de vote. 
    Depuis plusieurs semaines, les médias sud-coréens 
multiplient les révélations sur la façon dont Choi aurait 
exploité son amitié avec la présidente. Park s'est excusée à la 
télévision, la semaine dernière, d'avoir permis à Choi de 
prendre connaissance de ses projets de discours, durant les 
premiers mois de sa présidence. Choi, qui a 60 ans, est arrivée 
mercredi matin dans les locaux du parquet menottes aux poignées, 
pour une troisième journée d'interrogatoire. 
    Les procureurs enquêtent sur des accusations voulant que 
Choi ait incité fortement des conglomérats à donner des fonds à 
des fondations à but non lucratif, en usant de son amitié avec 
Park, et ils cherchent aussi à savoir si elle a retiré un 
bénéfice financier de son entremise auprès de ces fondations. 
    Un nombre croissant de responsables de l'opposition 
réclament la démission de la présidente, âgée de 64 ans, même si 
l'opposition n'a pas préconisé pour l'instant de procédure en 
destitution. 
    Malgré de nombreux scandales au fil des années, aucun chef 
d'Etat sud-coréen n'a jamais démissionné ni n'a été destitué. 
    Si Park venait à écourter son mandat, une élection 
présidentielle serait organisée dans les 60 jours. 
 
 (Nicolas Delame et Eric Faye pour le service français) 
 
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