Corbyn se prononce pour le maintien du Royaume-Uni dans l'UE

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    LONDRES, 2 juin (Reuters) - Le dirigeant du Parti 
travailliste, Jeremy Corbyn, a appelé jeudi les électeurs de 
gauche à se prononcer en faveur du maintien de la 
Grande-Bretagne au sein de l'Union européenne et a rejeté les 
critiques l'accusant de ne pas avoir fait suffisamment campagne 
contre le Brexit. 
    Selon les partisans du maintien dans l'UE, la prise de 
position de Jeremy Corbyn, devenu dirigeant du Labour l'an 
dernier sur des promesses de changement, est de nature à 
convaincre les milliers d'indécis du Nord de faire le choix du 
"In" et de persuader les jeunes de se rendre aux urnes le 23 
mars. 
    Elle pourrait également permettre aux adversaires du Brexit 
de se faire entendre auprès d'un électorat que le Premier 
ministre conservateur David Cameron n'arrive pas à atteindre. 
    Ces électeurs pourraient faire la décision, alors que 
certains sondages laissent entrevoir un glissement en faveur du 
Brexit qui coïncide avec une campagne axée sur l'augmentation de 
l'immigration. 
    Jeremy Corbyn, qui avait voté en 1975 contre l'adhésion de 
la Grande-Bretagne à la Communauté économique européenne, 
prédécesseur de l'UE, a déclaré que les problèmes provoqués par 
l'immigration n'étaient pas à mettre sur le compte de l'Union 
mais sur celui du gouvernement conservateur et du patronat. 
    "N'inversons pas les choses en blâmant ceux qui se 
déplacent, travaillent, migrent en Europe", a-t-il déclaré 
devant des membres et sympathisants du Labour. 
    "Au contraire, faisons en sorte que les gouvernements 
répondent aux besoins de toutes les communautés et que soit 
réglée la question des employeurs sans scrupule qui exploitent 
de manière honteuse les travailleurs migrants et qui essayent de 
restreindre leurs droits." 
    Jeremy Corbyn a toutefois pris ses distances avec la 
campagne du "In", rejetant certains arguments économiques, 
qualifiés de "prophéties de malheur". 
    Avant son discours de jeudi, il avait essuyé les critiques 
d'un des soutiens financiers du parti, l'accusant de ne pas 
peser suffisamment dans la campagne et de ne pas toucher 
l'électorat du Labour. "Il pourrait probablement en faire un peu 
plus, espérons qu'il le fasse", avait déclaré à la BBC Tim 
Roache, chef du syndicat GMB.  
    "Ma principale inquiétude, ajoutait le dirigeant syndical, 
est de voir les électeurs du Labour rester chez eux. (...) La 
réalité, c'est que plus les gens resteront chez eux, plus fort 
est le risque de quitter l'UE." 
    Il disait également redouter qu'une partie des sympathisants 
travaillistes ne se déplacent pas aux urnes le 23 juin, jugeant 
que ce référendum ne serait au final qu'un nouvel épisode des 
luttes intestines qui déchirent le Parti conservateur. 
    Jeremy Corbyn a balayé ces critiques, disant avoir adressé 
son message aussi fortement que possible. 
    "Le message est très, très clair: nous faisons campagne pour 
défendre et améliorer les droits des travailleurs et des 
syndicats en Grande-Bretagne", a-t-il dit. 
 
 (Kylie MacLellan et William James,; Nicolas Delame pour le 
service français) 
 
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