Corbat devient DG de Citi après la démission de Pandit

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DÉMISSION DU DG DE CITIGROUP VIKRAM PANDIT
DÉMISSION DU DG DE CITIGROUP VIKRAM PANDIT

par David Henry

NEW YORK (Reuters) - Citigroup, la troisième banque américaine, a annoncé mardi la démission de son directeur général, Vikram Pandit, et son remplacement par un vétéran du groupe, un changement inattendu et spectaculaire 24 heures après des résultats trimestriels supérieurs aux attentes.

Le déroulement inhabituel de cette transition donne à penser qu'elle résulte d'un conflit au sein de l'équipe dirigeante, estiment analystes et investisseurs.

Le président du conseil d'administration, Michael O'Neill, a annoncé dans un communiqué la nomination de Michael Corbat, jusqu'à présent directeur de la division Europe, Moyen-Orient et Afrique, pour succéder à Vikram Pandit à la direction générale et au conseil d'administration.

Quelques minutes seulement après cette annonce, le nom de Vikram Pandit avait disparu du site internet du groupe.

Le directeur général adjoint John Havens, un proche de longue date de Vikram Pandit, a lui aussi démissionné.

Pour certains observateurs, le fait que les deux hommes démissionnent simultanément renforce l'hypothèse d'un désaccord avec le conseil d'administration.

Les relations de celui-ci avec Vikram Pandit étaient déjà tendues depuis le rejet par l'assemblée générale en avril du plan de rémunération du directeur général, qui prévoyait qu'il touche plus de 15 millions de dollars au titre de 2011.

"Le fait que (Vikram Pandit) soit parti n'est pas un choc en soi mais ce qui est surprenant, c'est que tout ça se passe aussi vite: pourquoi est-il parti immédiatement?", a commenté Mike Holland, président de Holland & Co, qui gère plus de quatre milliards de dollars d'actifs.

Le changement d'homme à la tête de la banque intervient après une série de revers importants ces derniers mois. En mars, la Réserve fédérale avait opposé son veto à un projet de relèvement du dividende, Citigroup n'ayant pas réussi les tests de résistance réalisés par les autorités de tutelle.

Vikram Pandit avait auparavant laissé entendre aux investisseurs et aux analystes que la hausse du dividende serait validée.

Le mois dernier, il avait conclu la vente des parts du groupe dans une coentreprise de courtage avec Morgan Stanley à un prix réduit, ce qui a contraint Citigroup à inscrire dans ses comptes une charge de dépréciation de 4,7 milliards de dollars (3,6 milliards d'euros).

INCERTITUDE

Lundi, toutefois, le titre avait nettement progressé à Wall Street après la publication des résultats trimestriels, nettement meilleurs qu'attendu. Mardi, le titre gagnait 0,82% à 36,96 dollars vers 15h20 GMT.

Pour certains commentateurs, le contraste entre les résultats et le départ du tandem Pandit-Havens illustre l'incertitude qui handicape Citigroup depuis plusieurs années déjà.

"Pandit et Havens ont accru l'incertitude qui entourait Citi", a commenté Matt McCormick, analyste spécialisé et gérant de portefeuille de Bahl & Gaynor. "Citi baigne en permanence dans un climat d'incertitude."

Né en Inde il y a 55 ans, Vikram Pandit a obtenu deux diplômes d'ingénieur en électricité avant d'entamer un doctorat de finances à l'Université de Columbia. Il avait rejoint Citigroup en 2007 après le rachat pour 800 millions de dollars du groupe de "hedge funds" et de capital-investissement qu'il dirigeait alors, Old Lane Partners. Old Lane a dû être fermé un an plus tard.

L'homme a ensuite été régulièrement critiqué pour sa timidité et son côté trop académique, mal adapté aux yeux de nombreux observateurs, à la direction d'une grande banque.

"Il n'était pas adulé à Wall Street. Il avait été propulsé à ce poste, c'est un homme de hedge fund", estime Matt McCormick.

Michael Corbat, lui, a occupé plusieurs postes de direction au sein de Citigroup, entre autres celui de directeur de Citi Holdings, la filiale créée pour gérer les actifs dont le groupe voulait se séparer. Il est également considéré comme le principal artisan du redressement de plusieurs filiales de crédit à la consommation et de cartes de crédit.

Dans une lettre aux salariés diffusée après sa nomination, il évoque des "changements" une fois mené à terme un processus d'évaluation des activités et des structures du groupe. Mais il se dit globalement satisfait de la stratégie actuelle.

"Je crois que les fondamentaux en place aujourd'hui sont solides et que nous sommes sur la bonne voie", écrit-il dans cette lettre, que s'est procurée Reuters.

David Henry; Marc Angrand pour le service français, édité par Nicolas Delame

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