COR-Six Nations: Buttin, l'inattendu du XV de France

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Correction du score au 5e paragraphe.

par Mathieu Baratas

MARCOUSSIS, Essonne (Reuters) - Inconnu en début de saison, l'arrière Jean-Marcellin Buttin s'est frayé un chemin jusqu'en équipe de France grâce à son culot offensif et la fraicheur de ses vingt ans.

"Où est-ce que je vais ?" s'est demandé Buttin lorsqu'il a appris sa convocation pour l'équipe de France.

"C'est vraiment inattendu. Si on m'avait il y a un an que je reviendrai à Marcoussis jouer un match du Tournoi des six nations... Je suis très content et très fier d'être là", déclare l'arrière de Clermont, intimidé par le parterre de journalistes présents.

Profitant de l'absence des internationaux pendant la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, il a connu une progression fulgurante.

Il fête sa première titularisation en équipe première à Toulon lors de la deuxième journée du Top 14 avec son premier essai pour contribuer à la victoire (17-0), "une belle émotion et mon meilleur souvenir".

Dix-neuf matches, dont 13 comme titulaire, et six essais plus tard, il s'est fait une place dans l'effectif de Clermont aux côtés des arrières internationaux, le Français Anthony Floch et le Gallois Lee Byrne, alors qu'il n'a pas encore sa fiche dans l'effectif professionnel du site internet du club.

"C'est peut-être la chance du débutant. Les rebonds me reviennent dans les mains. Pourvu que cela dure, mais j'espère que ce n'est pas que de la chance", avoue l'intéressé.

Comme Morgan Parra, de quatre ans son ainé, ce pur produit lorrain a fait ses premiers pas au RC Metz en 2000 sous la houlette d'Antonio Parra, le père de Morgan, puis au pôle de Dijon en 2008 avant d'arriver en junior à Clermont en 2009.

"Petit, je n'étais pas trop sport, au grand dam de mes parents. Je suis allé au rugby avec des potes et, depuis, je suis accroc. Le week-end, je regarde les matches quand je ne joue pas", dit-il.

Il se voit encore "comme un fou" devant son écran de télévision à encourager l'équipe de France à la télévision et "s'étourdit" en côtoyant à l'entraînement ceux qu'il a regardé dimanche perdre contre l'Angleterre (22-24).

"FIDJIEN BLANC"

Le longiligne étudiant en génie civil de Polytech à Clermont s'affirme dans la tradition des arrières du Quinze de France: brillant relanceur, attaquant rapide, finisseur efficace et joueur "qui a le talent de sentir les coups " selon Parra.

"Il mesure 1,90 m (pour 92 kilos), ce qui est pas mal pour un arrière. Il a une grosse puissance physique. Il tente les coups, c'est la jeunesse, l'insouciance. Personne ne l'attend", décrit Aurélien Rougerie, son capitaine à Clermont et désormais coéquipier en Bleu.

Son copain Wesley Fofana, chez les Bleus depuis quelques semaines, n'hésite pas à le surnommer le "Fidjien blanc".

"Il a énormément de talent. Il tente des choses. Pour nous, neuf fois sur dix, ça ne va jamais marcher. Il réussit des choses que beaucoup ne réussissent pas ou ne tentent même pas", raconte Fofana.

Le sélectionneur Philippe Saint-André lui a conseillé dès son arrivée à Marcoussis de "ne pas se prendre la tête" et "de faire ce qu'il sait faire".

S'il "ne sera pas automatiquement titulaire", d'après Saint-André, Buttin compte tirer profit de sa semaine tricolore.

"J'espère apporter de l'envie et de la détermination, de la fraîcheur et de la vitesse si j'ai la chance de jouer", espère Buttin. "Le match arrivant, le stress va monter. Quand il y aura la mise en place et l'échauffement au Millennium, je me dirai: "qu'est-ce qui se passe ?".

Edité par Pascal Liétout

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