COR - Paris et Londres résisteront à la CE sur Eurotunnel

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PARIS ET LONDRES RÉSISTERONT À LA CE SUR LES PÉAGES D'EUROTUNNEL
PARIS ET LONDRES RÉSISTERONT À LA CE SUR LES PÉAGES D'EUROTUNNEL

Au §13, lire que la D. Bahn a été autorisée mi-juin à faire circuler des trains dans le tunnel sous la Manche

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Paris et Londres vont rejeter la demande de la Commission européenne visant à faire baisser le niveau des péages facturés par Eurotunnel dans le tunnel sous la Manche, a déclaré vendredi le PDG de l'opérateur du tunnel, Jacques Gounon.

L'exécutif européen a lancé le 21 juin une procédure d'infraction à l'encontre de la France et du Royaume-Uni au motif que la tarification "excessive" de l'accès aux infrastructures ferroviaires se traduisait par une augmentation des prix pour les passagers comme pour les sociétés de fret entre Londres d'une part, Paris et Bruxelles de l'autre.

Les deux pays ont jusqu'au 30 septembre pour répondre à la Commission.

"J'ai vu personnellement les deux ministres il y a quelques heures, ils m'ont affirmé que les Etats français et britannique rejetteraient conjointement cette demande de la Commission européenne", a dit Jacques Gounon au cours d'un déjeuner avec la presse.

Le ministère français des Transports a confirmé qu'à ses yeux les griefs énoncés par Bruxelles étaient infondés.

"La France est en train de préparer un mémoire en réponse à cet avis motivé. Les Britanniques en font un également et ils ont fait l'objet d'échanges, donc ils sont à l'identique," a indiqué une porte-parole du ministère.

Eurotunnel avait fait savoir cet été que si des modifications de la concession devaient intervenir "dans un sens défavorable aux actionnaires du groupe", il demanderait aux Etats une "légitime indemnisation calculée jusqu'en 2086", date de l'échéance de la concession.

Jacques Gounon a rejeté vendredi les critiques de Bruxelles et estimé que ses principes de tarification, basés sur ses coûts à long terme, étaient conformes à la réglementation européenne.

"C'est une concession de longue durée (...) entièrement financée par le privé, ce qui fait qu'on ne peut pas appliquer des raisonnements d'infrastructures publiques, payées par le contribuable", a-t-il déclaré.

Il a aussi rappelé que la restructuration en 2007 de la dette d'Eurotunnel, qui se monte aujourd'hui à quatre milliards d'euros, avait été rendue possible par la visibilité que les recettes de péages apportaient aux créanciers du groupe.

Jacques Gounon a également contesté l'argument selon lequel une baisse des péages favoriserait le trafic dans le tunnel sous la Manche, toujours largement sous-utilisé, puisque la faute en revient selon lui aux opérateurs de transport ferroviaire qui choisissent de limiter leur offre de trains.

A la Bourse de Paris, l'action Eurotunnel avait chuté plusieurs jours de suite à l'annonce de la procédure européenne, à la fois sur le niveau des péages mais aussi sur les conditions de l'accord réservant à la SNCF et à l'allemand DB Schenker, filiale de Deutsche Bahn , la moitié du trafic du tunnel pendant 65 ans.

La Deutsche Bahn a été autorisée mi-juin à faire circuler des trains à grande vitesse sous la Manche, rompant ainsi le monopole d'Eurostar, détenue en majorité par la SNCF, qui transporte aujourd'hui dix millions de passagers chaque année entre la France et la Grande-Bretagne.

Jacques Gounon avait alors saisi l'autorité des marchés sur les conditions de publication des informations sur l'action de Bruxelles. Interrogé vendredi sur cette démarche, il a répondu que le régulateur n'y avait pas donné suite.

Eurotunnel a accusé au premier semestre une perte nette, imputable notamment au coût du lancement du service de ferry MyFerryLink avec des bateaux ayant appartenu à SeaFrance. Son chiffre d'affaires a en revanche augmenté de 10% sur la période, et Jacques Gounon s'est dit confiant pour l'activité sur l'ensemble de l'exercice.

"L'année se présente bien en termes de trafic", a-t-il dit au vu du nouveau record de fréquentation inscrit cet été et de la bonne santé de l'économie britannique.

A la Bourse de Paris, l'action Eurotunnel a clôturé vendredi en hausse de 0,4% à 6,314 euros, surperformant le marché qui est globalement resté inchangé.

Avec Natalie Huet, édité par Dominique Rodriguez

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