COR- Nicolas Sarkozy renoue avec les voyages en train

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NICOLAS SARKOZY RENOUE AVEC LES VOYAGES EN TRAIN
NICOLAS SARKOZY RENOUE AVEC LES VOYAGES EN TRAIN

(Correction: retire la mention "députée" pour Martine Aubry, au premier paragraphe)

par Emmanuel Jarry

LILLE (Reuters) - Pour une fois qu'il prenait le train, pour aller faire campagne sur les terres de la maire socialiste de Lille Martine Aubry, Nicolas Sarkozy a fait jeudi l'expérience des retards pour "colis suspect" familiers des usagers réguliers du rail.

Après la région de La Rochelle mardi, chère à une autre figure du PS, la candidate à l'élection présidentielle de 2007 Ségolène Royal, le chef de l'Etat a choisi Tourcoing et Lille pour développer ses propositions sur le travail et tenir le troisième meeting de sa campagne pour un second mandat.

Le déplacement commence Gare du Nord, à Paris, où l'attend une foule de journalistes, de photographes et de caméras de télévision, malgré les précautions prises par son équipe de campagne pour garder secrète son heure de départ.

Nicolas Sarkozy, qui a quelque peine à gagner son wagon, se prête de bonne grâce aux questions de la presse sur ce regain d'intérêt pour les chemins de fer.

"Je ne prenais plus le train comme président à cause des règles de sécurité. Il faut garder chaque pont sous lequel passe le train, dit-il. Mais comme candidat, on ne garde pas les ponts. Et pour aller à Lille, c'est tellement commode !"

Mais au lendemain de sa proposition de remplacement de la prime par l'emploi (PPE) par une baisse des charges sociales sur les bas salaires, il retrouve vite le ton du candidat en campagne contre son adversaire socialiste, François Hollande.

"JE VAIS ALLER PARTOUT"

"S'il se donnait la peine de faire des propositions, ça serait tellement plus intéressant, dit-il. Il critique, il critique, il critique, il ne propose rien. Je lui donne un petit conseil: faites des propositions."

Le candidat socialiste a qualifié quelques heures plus tôt de "mystification" la proposition du candidat Nicolas Sarkozy de recyclage de la prime pour l'emploi.

Comme on lui fait remarquer qu'il va pour la deuxième fois en trois jours sur des terres "socialistes", Nicolas Sarkozy balaye l'argument: "Il n'y a pas de terre socialiste, il n'y a pas de terre Front national, il y a la terre de France."

"Je vais aller partout et je veux parler à tous les électeurs, qu'ils aient voté pour moi ou pas, ajoute-t-il. La France n'est pas une addition de clans, de sectes, de partis."

Une femme sans domicile fixe l'interpelle pour lui demander de l'aide. Des voyageurs l'arrêtent pour se faire photographier avec lui ou lui adresser des encouragements.

"Allez-y, battez-vous et ça va le faire !" lui lance l'un. Un autre, qui dit avoir rêvé de sa victoire, raconte qu'il a été au PS mais que les socialistes l'ont "énormément déçu".

"Moi, ils ne m'ont pas déçu, réplique Nicolas Sarkozy. Parce que je n'en attendais pas grand-chose."

Un haut-parleur annonce que le train partira avec 10 minutes de retard. "C'est de ma faute (...) Et en plus, là, c'est vrai", commente le président-candidat.

"IL FAUT ÊTRE BIEN CALME"

Il trouve cependant le temps de glisser encore quelques mots sur la campagne et les sondages, qui le donnent largement battu au second tour par François Hollande.

L'important c'est le "contact avec les Français", explique-t-il. "Il faut être bien calme, dire ce qu'on a à dire, faire des propositions. Et puis les Français choisiront."

Des Français, il en rencontrera dans l'après-midi quelques-uns dans un bar de Lambersart, près de Lille, entre une visite au centre de formation des apprentis (CFA) de Tourcoing et son meeting dans la capitale du Nord.

Pour l'heure, la voiture de TGV où il prend place avec sa porte-parole de campagne, Nathalie Kosciusko-Morizet, et l'ex-ministre de la Justice Rachida Dati, que l'on pensait en disgrâce, est fermée à la presse, sauf quelques photographes et cameramen.

A Lille, le train accuse finalement un retard d'une vingtaine de minutes, expliqué par la SNCF par la présence d'un colis suspect, qui a mobilisé les forces de l'ordre Gare du Nord avant le départ du TGV du candidat.

A Tourcoing, qu'il rejoint en voiture, nouvelle pique, entre deux visites d'ateliers du CFA, contre François Hollande, qui a dit avoir été "touché" par son "côté petit garçon" lorsqu'il a regretté mercredi sur France 2 avoir célébré sa victoire de 2007 au Fouquet's.

"Ça ne me fait rien. Si je devais réagir à chaque fois qu'il sort une énormité, je réagirais tout le temps", réplique Nicolas Sarkozy, interrogé sur les propos du candidat socialiste.

A son arrivée à Tourcoing, il a été accueilli par une centaine de personnes, dont une quinzaine de jeunes qui l'ont copieusement sifflé. L'un d'eux a crié "dégage, petit con", écho au "casse toi pauv'con" lancé par Nicolas Sarkozy en 2008 à un visiteur du Salon de l'agriculture qui refusait de le saluer.

Cette fois, le président n'a pas réagi et le petit groupe a été repoussé sans violence par le service d'ordre.

Avec Catherine Bremer et Pierre Savary à Tourcoing, édité par Patrick Vignal

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  • M8489937 le jeudi 23 fév 2012 à 18:30

    Que de la poudre aux yeux de la part de ce pseudo-président d'opérette ! des mensonges et encore des mensonges ! le sarko-one est en panne au bout de la piste ? qu'il ne se fasse pas d'illusion, il ne sera même pas au second tour ! Tous avec Marine ! ! ! et ensuite GO HOME LA HONGRIE ! LA FRANCE AUX VRAIS FRANCAIS !

  • M6486201 le jeudi 23 fév 2012 à 18:21

    J"espère qu'il n'a pas mangé un sandwich car on va lui reprocher pendant 5 ans!