COR-Les victimes juives de Paris inhumées à Jérusalem

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COR-LES VICTIMES JUIVES DE PARIS INHUMÉES À JÉRUSALEM
COR-LES VICTIMES JUIVES DE PARIS INHUMÉES À JÉRUSALEM

par Luke Baker

JERUSALEM (Reuters) - Bien lire au premier paragraphe "quatre victimes" et non "quatre clients".

Les quatre victimes juives de la prise d'otages de vendredi dans une supérette casher de l'Est parisien ont été inhumées mardi à Jérusalem en présence de milliers de Français et d'Israéliens.

Prenant la parole lors d'une cérémonie empreinte d'une forte émotion, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a estimé que Yohan Cohen, 20 ans, Yohav Hattab, 22 ans, Philippe Braham, 45 ans, et François-Michel Saada, 64 ans, avaient retrouvé leur "vrai foyer".

"Notre président a raison de dire que les juifs ont le droit de vivre dans de nombreux pays", a déclaré le chef du gouvernement israélien en s'exprimant à la suite du chef de l'Etat, Reuven Rivlin.

"Aujourd'hui, plus que jamais, Israël est notre véritable foyer à tous. Plus nous serons nombreux et unis sur notre terre, plus notre pays unique sera fort. C'est l'espoir de l'ensemble du peuple juif", a poursuivi Benjamin Netanyahu.

La France était représentée par Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie et de l'Energie et numéro trois du gouvernement. "Votre douleur est la nôtre. Votre douleur est celle de toute la France", a-t-elle dit, annonçant que les quatre victimes seraient décorées de la Légion d'honneur à titre posthume.

Bien que de nombreux proches des victimes, venus de France, ne parlent pas l'hébreu, aucun responsable politique israélien ne s'est exprimé en français.

DÉPART INÉVITABLE

Les amis de Yohan Cohen, abattu vendredi par Amedy Coulibaly, ont assuré qu'il aurait souhaité être enterré en Israël même s'il a toujours considéré la France comme son pays.

"Nous savons qu'un jour, nous devrons au bout du compte aller en Israël", a dit Michael Sitruk, 19 ans, qui comme d'autres portait un tee-shirt blanc arborant le portrait de Yohan Cohen.

A la question de savoir s'il comptait lui-même émigrer en Israël, le jeune homme a jugé son départ inévitable, face à une forte augmentation d'attaques antisémites dans l'Hexagone. "C'est dur", a-t-il dit. "Je suis né en France, j'ai grandi en France, j'ai ma vie et ma famille en France."

En décidant d'assister aux funérailles, Benjamin Netanyahu a aussi donné une tonalité politique à la cérémonie, en pleine campagne électorale pour les législatives du 17 mars. Le président du Parti travailliste (opposition) Isaac Herzog était également présent et s'est exprimé.

Le Premier ministre ne s'était pas rendu aux funérailles de quatre rabbins et d'un policier druze tués par des activistes palestiniens dans une synagogue de Jérusalem en novembre dernier, ni à celles des quatre victimes juives de Mohamed Merah à Toulouse en 2012, qui sont également enterrées à Jérusalem.

Son porte-parole n'a pas souhaité faire de commentaire sur les raisons de la présence du chef du gouvernement.

Face aux appels lancés par Netanyahu aux juifs de France pour qu'ils rejoignent l'Etat hébreu, le Premier ministre Manuel Valls a assuré à la communauté juive de France, qui compte 550.000 membres, qu'elle se trouvait en sûreté dans la République.

Dix mille militaires seront déployés dès mardi soir dans le cadre du plan Vigipirate, maintenu à son niveau le plus élevé et un préfet a été chargé de coordonner la sécurité des 717 écoles et lieux de culte juifs en France, qui a été considérablement renforcée. [ID:nL6N0UR0ZF]

Les quatre victimes juives d'Amedy Coulibaly font partie des 17 personnes tuées entre mercredi et vendredi à Paris dans des attaques qui ont également décimé la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo.

Les trois assaillants, Coulibaly et les frères Chérif et Saïd Kouachi, ont été tués par les forces de l'ordre.

(Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Eric Faye)

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