COR - Les partisans d'Arnaud Montebourg y croient

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Aux deux derniers paras, lire Christophe Lavialle et non Patrick Clastres

par Mourad Guichard

ORLEANS (Reuters) - "Il a entamé une marche inexorable vers la victoire politique".

Tout comme la vingtaine de militants et sympathisants socialistes qui viennent de lancer un comité de soutien à Arnaud Montebourg, candidat à la primaire PS en vue de l'élection présidentielle de 2012, le doute n'effleure pas Patrick Clastres malgré les sondages médiocres.

Ce professeur de classe préparatoire prédit que sa victoire sera "éclatante" alors qu'une enquête d'opinion Viavoice pour Libération le créditait lundi de 3% des intentions de vote à la primaire, loin, très loin derrière le favori François Hollande.

"Il y a pour l'heure une barrière médiatique qui empêche Montebourg de s'exprimer suffisamment, mais les débats télévisés programmés dans le cadre de cette primaire vont lui permettre d'exploser littéralement l'écran", assure-t-il quelques heures avant le premier de ces débats, jeudi soir.

Pour Christophe Lavialle, professeur et animateur de la campagne, les sondages sont "bidon" dans un contexte inédit de primaire ouverte à tous les sympathisants de gauche, et non plus seulement aux seuls militants socialistes.

"La primaire constitue une première en France, comment peut-on évaluer la participation et le score de chaque candidat ?", interroge-t-il.

Tous estiment que ce scrutin avantagera leur candidat.

"De nombreux militants du Front de Gauche, d'Europe Écologie-Les Verts ou même de l'association altermondialiste Attac nous disent qu'ils vont venir voter à la primaire. Et certainement pour Arnaud Montebourg", ajoute-t-il.

Sofian Gharnit, un jeune conseiller emploi, confirme: "Face aux seuls socialistes, ç'aurait été compliqué. Ses idées sont tellement novatrices...".

MONTEBOURG, COMME OBAMA ?

Les militants marquent l'université d'été du parti socialiste, fin août à La Rochelle, où l'ensemble des candidats se sont exprimés, comme le tournant de la campagne interne.

"C'est ce moment fort qui a décidé bon nombre de socialistes de s'engager pour un candidat", assurent-ils.

"En rencontrant les gens à l'occasion de nos tractages, on se rend compte de l'énorme décalage qu'il y a entre l'image de Montebourg véhiculée par les médias et la réalité de son ancrage populaire", pense Aurélie Richard, cadre territorial.

Les militants, qui se désignent comme des "volontaires", s'appuient sur le travail réalisé par Arnaud Montebourg au Parti socialiste en sa qualité de secrétaire national à la rénovation.

Il a notamment tiré la sonnette d'alarme sur les pratiques dans la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône avant tout le monde sans être suivi par les ténors du PS avant de savourer la semaine dernière sa "victoire" avec la mise en examen pour association de malfaiteurs de son homme fort, Jean-Noël Guérini.

"S'il n'a pas pu mettre toutes ses réformes en oeuvre, c'est parce qu'il est dans un courant minoritaire depuis dix ans", explique Christophe Lavialle.

Mais ce dernier estime que le candidat, qui a fait de la "démondialisation" le slogan-clé de sa campagne, a obligé ses concurrents à le suivre sur son terrain.

Même dans le cas d'une défaite à la primaire, les "volontaires" garantissent à leur candidat un brillant avenir.

"Il n'est pas extrêmement connu et n'a pas la majorité dans son parti, mais qui connaissait Barack Obama quelques mois seulement avant sa victoire ?", dit Christophe Lavialle. "S'il franchit l'étape du premier tour, c'est gagné."

Avant d'oser une audacieuse comparaison: "En 1940, de Gaulle n'a pas attendu d'être majoritaire pour se lancer dans son combat."

Edité par Yves Clarisse

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