COR- Les juges n'écartent aucune piste dans l'affaire Merah

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Corrige l'âge des enfants assassinés, § 3

PARIS (Reuters) - Les trois magistrats instructeurs en charge de l'affaire Mohamed Merah n'excluent aucune piste de complicité ou de réseau en France et à l'étranger, ont déclaré mardi les avocats des parties civiles à l'issue d'une rencontre avec les juges.

Les familles des quatre personnes tuées devant une école juive de Toulouse en mars dernier, ainsi qu'Aaron Bijaoui, 15 ans, grièvement blessé dans la fusillade, ont été reçus pendant près de trois heures mardi au Palais de justice de Paris par les juges qui estiment n'être qu'au début de leurs investigations.

"Nous avons vu des magistrats qui enquêtent (...) sur toutes les pistes, sur toutes les responsabilités, celles déjà existantes, celles qui n'ont pas été encore mises au jour, celles qui sont ici en France, celles qui peuvent se situer à l'étranger", a dit à la presse Me Patrick Klugman, avocat de la famille de Jonathan Sandler, le rabbin de 30 ans tué avec ses deux fils âgés de 4 et 5 ans.

"Le seul élément qu'on nous a donné (...) c'est qu'aucune complicité ne serait écartée, et les magistrats nous ont confié qu'il leur semblait qu'ils étaient au début de leur travail", a-t-il ajouté.

Mohamed Merah, qui se réclamait d'Al Qaïda et a aussi abattu trois militaires, a été tué au terme de plus de trente heures de confrontation avec les policiers du Raid. À ce jour, seul son frère aîné, Abdelkader Merah, a été placé en détention et mis en examen, notamment pour "complicité d'assassinats".

L'enquête des juges d'instruction cherche à comprendre "l'environnement" de l'auteur des tueries de Montauban et Toulouse, ont indiqué les avocats des parties civiles.

Elle s'intéresse également aux éventuelles responsabilités des services de renseignement français, critiqués pour ne pas l'avoir mis hors d'état de nuire avant ses crimes. Mohamed Merah était en effet connu des services de police, du fait notamment de ses voyages au Pakistan et en Afghanistan.

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a demandé à la Direction générale de la police nationale (DGPN) et à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) une étude sur "ce qui a dysfonctionné" dans cette affaire.

"Sur ce point aussi, qui est un point sans doute crucial et en même temps extrêmement sensible, les magistrats instructeurs feront, voire ont déjà fait leur travail", a estimé Me Philippe Soussi, avocat d'Aaron Bijaoui.

Après cet entretien, pendant lequel les juges ont exposé collectivement aux familles des victimes juives de Mohamed Merah l'état d'avancement de leur enquête, les parties civiles seront entendues individuellement par les magistrats.

(Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

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