COR - Le débat sur les centres éducatifs fermés se poursuit

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PARIS (Reuters) - Les centres éducatifs fermés ne sont pas "la solution universelle" à la délinquance juvénile mais "doivent rester une alternative possible", a déclaré mercredi le contrôle général des lieux de privation de liberté au lendemain de propos polémiques de Christine Taubira sur le "fantasme" des CEF.

L'ancien ministre UMP Laurent Wauquiez a jugé pour sa part sur RTL que la position "surréaliste" de la ministre de la Justice, régulièrement taxée de laxisme par l'opposition de droite, traduisait un manque d'autorité à la tête de l'Etat.

Dans un entretien à Libération publié mardi, Christiane Taubira annonçait notamment la suspension de la création prévue de 18 centres éducatifs fermés alors que le doublement de ces structures pour des multirécidivistes de 13 à 18 ans figure dans le programme électoral de François Hollande.

La France dispose aujourd'hui de 42 CEF, qui ont été créés en 2002 par la droite.

"Il faut sortir du fantasme CEF. Il faut arrêter de dire que c'est 'la' solution", justifiait la garde des Sceaux, qui souligne sa préférence pour le placement en "milieu ouvert", "pour une réalité simple : 80% de non-récidive".

Plus largement, Christiane Taubira s'élève contre les courtes peines d'incarcération qui selon elle "génère de la récidive" et aggravent la surpopulation carcérale.

Pour Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGPL), la ministre "a parfaitement raison" lorsqu'elle parle de privilégier l'éducatif ouvert.

HOLLANDE "NE TIENT PAS SON ÉQUIPE GOUVERNEMENTALE"

"Mais, a-t-il nuancé sur BFM TV et RMC info, les CEF doivent rester une alternative possible parmi la gamme des solutions qui s'offrent aux juges des enfants pour remettre ces enfants dans le droit chemin", même s'ils ne sont pas "la solution universelle".

Le député UMP de Haute-Loire Laurent Wauquiez s'est alarmé d'une approche "surréaliste" de la Chancellerie.

"La surpopulation carcérale, ça ne se gère pas en envoyant moins de gens en prison. (...) C'est-à-dire qu'en fait, face à des délits, on ne mettrait plus de peines en place parce qu'on n'a plus de places en prison?", s'est-il interrogé sur RTL.

"Christiane Taubira contredit ostensiblement les propos du président de la République sur les centres éducatifs fermés, et avant elle, Manuel Valls, au fond, s'est assis sur une des promesses de campagne qui était le récépissé sur le contrôle d'identité", a-t-il relevé.

"Je trouve qu'on a un vrai problème en ce moment d'autorité. C'est qu'on a un président de la République qui ne tient pas son équipe gouvernementale", a ajouté Laurent Wauquiez.

L'ancien ministre socialiste Jack Lang a défendu en Christian Taubira "un vrai ministre de la Justice qui est attaché au droit, au respect et à la dignité".

"On sait que ces centres éducatifs fermés, qui ne sont pas des prisons, coûtent extrêmement cher pour des résultats très modestes", a-t-il déclaré sur Europe 1.

"Aujourd'hui, les prisons françaises sont de terribles fabriques à délinquance", a-t-il estimé, dénonçant "une honte".

"Bien sûr qu'il faut être sévère, mais en même temps il faut éduquer, initier et insérer".

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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  • M2801849 le mercredi 8 aout 2012 à 11:53

    Incroyable ! Ces délinquants vont se retrouver en liberté avec nos enfants, c'est tout simplement criminel !

  • M6749774 le mercredi 8 aout 2012 à 11:44

    Contrairement à ce que semblent penser nos gens de gauche le but de la police et de la justice n'est pas de faire plaisir aux jeunes chérubins qui ne savent pas vivre en société mais de protéger les citoyens. On a une impression de plus en plus forte que c'est loin d'être le soucis de cette pauvre Taubira qui est là par accident.