COR-L'OCDE réduit ses prévisions pour le G7

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LES PRÉVISIONS DE L'OCDE
LES PRÉVISIONS DE L'OCDE

Correction: bien lire 0,5% au lieu de 0,8% à l'avant-dernier paragraphe.

PARIS (Reuters) - Les perspectives économiques à court terme des principaux pays développés se sont assombries ces derniers mois en raison de la crise de la dette dans la zone euro, a constaté jeudi l'OCDE en appelant une nouvelle fois la Banque centrale européenne (BCE) à intervenir sur les marchés.

L'Organisation de coopération et de développement économiques attend une croissance de 1,4% pour l'ensemble du G7 cette année, mais ses prévisions sont bien plus sombres pour les pays européens du groupe.

"La zone euro reste un point clé, l'épicentre de la crise", a déclaré à des journalistes son économiste en chef, Pier Carlo Padoan.

"Elle doit réagir pour son propre bien, elle doit réagir pour la stabilité de l'économie mondiale", a-t-il ajouté. "Il est critique que la BCE avance en matière d'interventions sur le marché obligataire."

Le président de la banque centrale, Mario Draghi, devrait dévoiler ce jeudi les grands principes du nouveau programme d'achats d'obligations d'Etat promis par l'institution pour venir en aide aux pays de la zone euro en difficulté.

Si l'OCDE n'a revu qu'en légère baisse sa prévision de croissance 2012 pour les Etats-Unis, à 2,3% contre 2,4% en mai, elle a réduit d'un tiers son pronostic pour l'Allemagne, ramené de 1,2% à 0,8% et n'anticipe plus qu'une croissance symbolique de 0,1% en France cette année, contre 0,6% il y a quatre mois.

La révision est encore plus sévère pour l'Italie puisque l'organisation prévoit désormais une contraction de 2,4% du produit intérieur brut (PIB), contre -1,7% en mai.

APPEL APPUYÉ À LA BCE

Pour Pier Carlo Padoan, la divergence des rendements obligataires au sein des pays membres de la zone euro est la preuve d'un dysfonctionnement de la politique monétaire qui risque d'avoir de graves conséquences s'il se prolonge.

"Cela représente évidemment une menace supplémentaire pour l'intégrité de la zone euro et suggère un risque d'éclatement", a-t-il souligné, appelant la BCE à acheter des obligations des pays les plus fragilisés.

Mais il a reconnu que la banque centrale ne pouvait pas à elle seule résoudre la crise de la dette dans la zone euro et que les signes de relative détente observés récemment sur les marchés obligataires ne devaient pas détourner les Etats de la zone euro du chemin de réformes parfois douloureuses et de la réduction drastique de leurs déficits.

Il a ajouté que les bases d'une union bancaire devaient être rapidement posées et que les banques avaient besoin d'être recapitalisées.

La détérioration des perspectives économiques ne se limite cependant pas à la zone euro: l'OCDE prévoit désormais une contraction de 0,7% de l'économie britannique cette année, alors qu'elle tablait en mai sur une croissance de 0,8%.

L'organisation précise que ses prévisions de mai étaient établies sur la base d'un éventail plus large de données et selon des modèles différents de ceux utilisés pour ses nouvelles estimations.

Leigh Thomas, Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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