COR-JO: exclu, l'Italien Schwazer est effondré mais soulagé

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LE MARCHEUR ITALIEN ALEX SCHWAZER SOULAGÉ MALGRÉ SON EXCLUSION DES JO
LE MARCHEUR ITALIEN ALEX SCHWAZER SOULAGÉ MALGRÉ SON EXCLUSION DES JO

Correction. Bien lire au 14e paragraphe que l'échange d'argent s'est fait entre des euros et des livres turques.

par Elisa Anzolin

BOLZANO, Italie (Reuters) - Le marcheur italien Alex Schwazer, qui ne pourra pas défendre à Londres son titre olympique du 50 km marche en raison de son exclusion pour dopage, s'est dit soulagé mercredi lors d'un long repentir entrecoupé de larmes devant la presse.

L'Italien de 27 ans, sous le coup d'une suspension provisoire du Comité olympique italien depuis lundi, espérait, selon lui, se faire prendre pour être libéré du sentiment de culpabilité qui l'étouffait.

"Quand on attend que sa petite copine monte dans le train pour s'enfermer dans la salle de bain et s'injecter de l'EPO dans les veines à l'abri des regards, ce n'est pas une bonne chose", a dit Alex Schwazer qui s'est épanché pendant une heure.

Accompagné de son avocat et de son manager, ainsi que de son père qui se trouvait dans l'assistance, le marcheur a souvent évoqué sa compagne, la championne du monde de patinage artistique Carolina Kostner, pour dire combien il regrettait de lui avoir menti.

"Je n'ai pas été fait pour prendre de la drogue ou pour décevoir les gens, et je ne pouvais plus en prendre. J'avais hâte que tout ça s'arrête", a-t-il dit.

L'Italien aurait pu essayer d'échapper au contrôle antidopage, le 30 juillet, au lendemain d'une ultime injection d'EPO. Mais il s'y est soumis, en toute connaissance de cause, si l'on en croit son récit.

"Quand on a sonné à la porte le 30 juillet, je savais qu'il s'agissait des agents de contrôle. Je savais que tout était fini. Il aurait suffi que je dise à ma mère de ne pas ouvrir la porte ou de leur dire que je n'étais pas chez moi. Mais je ne pouvais plus continuer."

Même si le contrôle s'était révélé négatif, il n'aurait pas fait le voyage à Londres pour prendre le départ du 50 km marche, samedi, a-t-il dit.

NAUSÉE

Il n'espère qu'une chose désormais: "mener une vie normale", loin du monde de l'athlétisme. Et il compte voir sa copine tous les soirs "plutôt que deux fois par mois".

"Carolina aime son sport. Elle patine parce qu'elle aime ça. Moi, je marche parce que je suis bon dans ce domaine, mais je n'aime pas répéter la même chose sans varier pendant 35 heures par semaine."

"Parfois, la nuit, quand je suis dévasté et je pense à mon réveil le lendemain pour recommencer à nouveau, j'en ai la nausée", a-t-il confié aux journalistes.

Il était certes récalcitrant, mais il a continué à s'entraîner, malgré tout, en raison de la pression extérieure qui pesait sur ses épaules. Il y a quatre ans, son sacre sur 50 km marche, avec à la clé un record olympique, l'avait élevé au statut de héros national.

A Londres, l'athlète était l'une des meilleures chances de médaille de l'Italie aux Jeux de Londres.

Ses ennuis ont commencé il y a quelques mois. Alex Schwazer s'est renseigné sur internet sur le meilleur moyen de se procurer des substances dopantes. Renseignements pris, il a passé trois jours en Turquie, où il a échangé 1.500 euros contre des livres turques pour s'acheter de l'EPO dans une pharmacie.

L'injection d'Erythropoïétine, plus connue sous le nom d'EPO, augmente la concentration de globules rouges dans le sang et améliore mécaniquement les performances.

Alex Schwazer a ensuite conservé les substances dans son réfrigérateur, tout en disant à son amie qu'il s'agissait de vitamines.

"Ce n'était pas évident pour moi de dire qu'il y avait de l'EPO dans le frigo plutôt que des vitamines..."

Simon Carraud pour le service français, édité par Jean Décotte

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