COR-Jean-Louis Borloo propose une "loi d'union républicaine"

le
0

Répétition de notre dépêche du 6 mai corrigeant les propos de Benoist Apparu sur Europe 1

PARIS (Reuters) - Le centriste Jean-Louis Borloo a proposé lundi aux groupes parlementaires une série de mesures "vitales" pour aboutir d'ici fin juin à une "loi d'union républicaine pour le redressement" afin de sortir la France de la crise.

Le président de l'UDI a toutefois rejeté la proposition de son rival au centre, François Bayrou, de mettre en place un gouvernement d'union nationale.

"Ça n'a pas de sens, ça sonne bien à l'oreille mais en réalité, ce n'est pas sérieux", a déclaré Jean-Louis Borloo lors d'une conférence de presse à l'occasion du premier anniversaire de l'accession de François Hollande à l'Elysée.

"En revanche, compte tenu du climat du pays, nous croyons possible d'avoir dix mesures vitales, urgentes, indispensables, que tous ensemble nous pourrions prendre devant les Français."

Le député UMP Benoist Apparu a pour sa part réitéré sur Europe 1 sa proposition d'un "choc politique", d'un "CDD de 18 mois" pour un gouvernement de coalition chargé de sortir le pays de la crise. L'ancien secrétaire d'Etat du gouvernement Fillon a toutefois exclu toute ouverture au Front national.

"Je considère qu'il faut un CDD de 18 mois pour aller très vite, se mettre d'accord sur une dizaine de points à traiter et derrière avoir une dizaine de ministres de droite, une dizaine de ministres de gauche", a-t-il déclaré sur Europe 1.

Prié de dire s'il incluait le FN, Benoist Apparu a répondu : "Le sujet pour moi n'est pas fermé, du Front de gauche, du front de ce que vous voulez, des différentes fronts. La question, c'est est-ce qu'on arrive à se mettre d'accord? La réponse, c'est 'non'".

"Quand certains veulent sortir de l'euro, je ne vois pas comment on peut se mettre d'accord sur une politique économique", a-t-il expliqué en référence au FN. "Sortir de l'euro, c'est pas mon truc".

"ON PEUT SE METTRE D'ACCORD"

L'UDI va proposer aux groupes parlementaires un texte portant sur la relance de la croissance, la précarité, les étudiants, le logement, la fiscalité, la retraite, les dépenses publiques, la formation professionnelle, l'euro et la confiance.

Les mesures et le calendrier seraient validés le 24 mai prochain par les présidents de groupes, qui nommeraient ensuite un représentant chargé de négocier en vue d'un compromis à la mi-juin qui aboutirait à une "loi d'union républicaine pour le redressement".

Parmi les mesures proposées figurent l'application dès juin 2013 de l'allègement des charges prévu par le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) et l'anticipation au 1er juin 2013 des nouveaux taux de TVA prévus au 1er janvier 2014 pour compenser cette diminution des charges.

L'UDI propose également la baisse immédiate de la TVA à 5,5% pour le logement social et les travaux dans le bâtiment ainsi que la baisse de 20 à 10% sur le locatif intermédiaire et sur les logements privés pendant deux ou trois ans.

Le parti centriste propose également aux groupes parlementaires de s'engager à ne pas augmenter les prélèvements obligatoires d'ici 2017, à anticiper de deux ans l'application de la loi de 2010 sur les retraites modifiée en 2012 et à baisser les dépenses publiques de dix milliards d'euros par an.

Jean-Louis Borloo, qui a contacté les présidents de l'Assemblée et du Sénat, les socialistes Claude Bartolone et Jean-Pierre Bel, et certains présidents de groupes parlementaires, s'est montré optimiste.

"Il y a là quelques mesures d'union républicaine sur lesquelles on peut se mettre d'accord", a-t-il dit. "Qu'on ne vienne pas me raconter que ce n'est pas faisable. Un accord même limité serait un vrai signal pour nos compatriotes."

Emile Picy et Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant