COR-François Hollande conforté dans sa position de favori

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COR-FRANÇOIS HOLLANDE CONFORTÉ DANS SA POSITION DE FAVORI
COR-FRANÇOIS HOLLANDE CONFORTÉ DANS SA POSITION DE FAVORI

Correction: bien lire que Jean-Pierre Chevènement n'a pas pris parti, au 2e paragraphe.

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - François Hollande tiendra-t-il la distance? La "présidentialisation" du candidat socialiste, qui a abattu une partie de ses cartes en présentant son projet, porte ses fruits dans les sondages à 80 jours d'un scrutin présidentiel.

Le député de Corrèze, qui pourrait bénéficier de l'abandon de Jean-Pierre Chevènement, est crédité de plus de 30% des intentions de vote au premier tour, plus de cinq points devant le président sortant, et donné largement gagnant au second.

Qu'il s'agisse de maîtriser les déficits, de réaffirmer les valeurs de la République ou de renégocier un traité européen, il occupe le terrain par des interventions jugées réussies en attendant l'entrée en campagne d'un Nicolas Sarkozy déjà à l'offensive, mais dont la stratégie est peaufinée en coulisses.

En outre, les "petits" candidats de gauche ne risquent pas de lui faire de l'ombre comme ils l'avaient fait en 2002 au détriment de Lionel Jospin et, à l'image de Jean-Pierre Chevènement, certains jettent l'éponge.

Sans oser faire montre d'un triomphalisme à même de nourrir les accusations d'"arrogance" de la droite, le moral est donc au beau fixe au Parti socialiste, au terme d'une bonne séquence entamée avec le meeting du 22 janvier au Bourget et poursuivie par la présentation d'un programme corseté par la crise.

"On peut dire que c'est bien parti", dit Jean-Daniel Lévy, de l'institut Harris Interactive.

"Si cette phase se confirme, ce sera difficile pour Nicolas Sarkozy, dont l'entourage avait peut-être misé sur un effondrement de la partie adverse après la reprise en main de la communication du président", a dit le politologue à Reuters.

Stéphane Rozès, président de la société de conseil Cap, constate lui aussi le retard pris par le chef de l'Etat.

"A partir de la séquence du Bourget, Nicolas Sarkozy a perdu le centre de gravité. C'est à lui maintenant de trouver son positionnement", dit-il. "C'est un homme de gauche, François Hollande, qui vient de lui faire la leçon sur la République, la France, sa façon de présider".

LA VOITURE DANS LE FOSSÉ

Fidèle à l'image d'homme déterminé et constant qu'il oppose à la fébrilité supposée du président sortant, François Hollande s'est déclaré mercredi "totalement indifférent" à la date d'entrée en lice du chef de l'Etat.

"Je ne me préoccupe que des Français", a-t-il dit sur RTL. "Ce que j'annonce, je l'ai réfléchi depuis longtemps. Je ne suis pas dans l'improvisation. Moi, je n'invente pas une politique à trois mois du scrutin !"

Deux jours après sa prestation télévisée, où il a notamment annoncé une hausse de la TVA, Nicolas Sarkozy a prédit mardi lors de ses voeux à la presse que la bataille présidentielle se jouerait sur le terrain des "nouvelles idées".

Pour espérer changer la donne, le président sortant devra en effet "présenter un projet différent, plus enthousiasmant et plus rassurant que celui de François Hollande, et ce n'est pas évident", dit Jean-Daniel Lévy.

La configuration plaide selon ce dernier pour "un départ en campagne assez tôt, mais sans montrer qu'il a une forme de précipitation, qu'il surréagit à l'actualité".

En attendant, l'entourage de François Hollande souligne que le profil des autres candidats est moins important que le message à faire passer.

"Il faut qu'il gagne quel que soit l'adversaire, en créant une dynamique autour d'un fil rouge : la justice dans la République", dit Bernard Cazeneuve, porte-parole du candidat.

"Nous voulons opposer au vote de la colère le vote d'espérance", ajoute le député-maire de Cherbourg, balayant au passage les critiques de la droite sur le "mirage Hollande", son "arrogance" et sa "stratégie irresponsable".

"Ils ont mis la voiture dans le fossé et ils prétendent nous faire passer le permis de conduire!", ironise-t-il.

Comme lui, le PS parie plutôt sur un duel classique droite-gauche plutôt que sur un "nouveau 21 avril 2002", qui verrait la candidate d'extrême droite Marine Le Pen au second tour.

Jean-Daniel Lévy est plus nuancé. "Une frange de l'électorat UMP se pose la question de voter Le Pen", dit-il. "Elle est dans les esprits, elle fait partie de la réflexion".

Le politologue juge pour l'heure "ambitieux de dire aujourd'hui avec certitude que François Hollande et Nicolas Sarkozy seront les candidats du second tour".

Avec Patrick Vignal, édité par Yves Clarisse

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  • baljo le mercredi 1 fév 2012 à 18:47

    il faudrait aussi parler des charges nouvelles, dont l'état c'est désengagé, qui pèsent sur les collectivités locales. Il n'y a pas que la Corrèze dans ce cas.

  • grokuik1 le mercredi 1 fév 2012 à 17:07

    bien vu wanda , déjà dit nous prennent pour des clowns et çà marche encore pour 35/40% des électeurs , enfin il y aura toujours 30% qui profitent du sytème donc : pas pret de changer !! pour PS et UMP déjà dit également sortent tous de la meme école , celle du pipo : avocat / ENA / ou de la confrèrie "franc-maçonne" : ou comment gérer le monde en s'en mettant plein les poches !!!

  • M4841131 le mercredi 1 fév 2012 à 17:02

    moi, je suis conforté que je ne voterai pas pour lui, chacun sa position de confort

  • wanda6 le mercredi 1 fév 2012 à 16:59

    N’avez-vous pas assez que tous les 5 ans, on change pour mettre les mêmes, une fois l'UMP, une fois le PS et vice versa ?

  • dhote le mercredi 1 fév 2012 à 16:52

    Certains commentaires de la presse étrangère vous éclaireraient.

  • M3101717 le mercredi 1 fév 2012 à 16:39

    Bravo François !!! On y croit !!!