Copropriété : les syndics de plus en plus décriés

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Seuls 39 % des copropriétaires sont satisfaits de leur syndic, selon une étude de la CLCV. La forte hausse des honoraires explique en partie ce désamour.

Les syndics de copropriété n'ont généralement pas bonne presse. Mais leur image s'est nettement dégradée ces derniers temps. Ainsi, seulement 39 % des copropriétaires se disent globalement satisfaits de leur syndic, selon une enquête réalisée par l'association de consommateurs CLCV en partenariat avec Notre Temps (1). Ils étaient 49 % il y a deux ans! Les propriétaires habitant un immeuble géré par un grand groupe sont les plus mécontents (33 % seulement de satisfaits). Les appréciations sont un peu plus favorables (42 % de satisfaits) lorsque le syndic appartient à un cabinet indépendant.

Comment expliquer un tel désamour? «Un très grand nombre de syndics ont profité du vote de la loi Alur pour fortement augmenter leurs honoraires. Dans certains cas, les hausses sont supérieures à 20 %», explique David Rodrigues, juriste à la CLCV et auteur de l'étude. À cause de ce texte, les syndics devront notamment ouvrir à partir du 24 mars 2015 un compte bancaire séparé au nom de chaque copropriété. Avec à la clé des frais supplémentaires. «Mais nombre d'entre eux ont déjà anticipé l'entrée en vigueur de cette mesure, en majorant leurs honoraires», précise David Rodrigues.

Votée en mars dernier, la loi sur le logement (Alur) modifie aussi de nombreuses règles de copropriété. Outre le compte séparé, le texte prévoit d'imposer un «contrat de syndic type» et de limiter le nombre de prestations exceptionnelles qui pourront être facturées. Ce qui devrait mettre fin à certains abus constatés ces dernières années. Toutefois, les décrets d'application détaillant ce que chaque contrat peut contenir tardent à voir le jour. Ils devraient être publiés «au plus tard» en janvier prochain, avance-t-on au ministère du Logement.

Manque de réactivité

Par ailleurs, la loi préconise qu'à l'avenir, le montant du budget prévisionnel de chaque copropriété soit décidé en concertation avec le conseil syndical et qu'un «fonds travaux» représentant 5 % du budget prévisionnel soit constitué à partir de 2017. En parallèle, les conseils syndicaux devront mettre en concurrence les syndics avant chaque renouvellement de contrat de syndic. Et une commission disciplinaire des professionnels de l'immobilier sera créée.

Ces réformes sont globalement appréciées par les copropriétaires, selon l'étude de la CLCV. «C'est surtout vrai pour les mesures concernant l'élaboration du budget avec le conseil syndical et la limitation des prestations exceptionnelles qui font l'unanimité (93 % les jugent importantes)», note l'étude. Cette nouvelle donne permettra-t-elle d'améliorer les relations souvent compliquées entre les syndics et les copropriétaires? C'est à espérer, même si aujourd'hui «on constate que c'est au niveau des relations humaines que les syndics sont les moins performants et les plus critiqués», explique David Rodrigues. Leur manque de réactivité lorsqu'ils sont sollicités arrive ainsi en tête des griefs que leur reprochent les copropriétaires.

(1) Enquête réalisée en octobre sur Internet auprès de 2197 personnes.

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  • faeric le lundi 10 nov 2014 à 07:45

    Sans parler du syndic voyou, qui s'octroie des mandats de syndic fictif alors qu'il n'a pas été élu par l'assemblée des copropriétaires, facture des honoraires fictifs et fait des appels de charges sans régler les fournisseurs. Il se reconnaitra sans aucun doute !