Copé invite Fillon à ne pas brûler les étapes

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JEAN-FRANÇOIS COPÉ SURPRIS DE LA CONFIANCE AFFICHÉE PAR FRANÇOIS FILLON
JEAN-FRANÇOIS COPÉ SURPRIS DE LA CONFIANCE AFFICHÉE PAR FRANÇOIS FILLON

PARIS (Reuters) - "Surpris" de l'optimisme affiché par son rival François Fillon pour l'élection à la présidence de l'UMP, Jean-François Copé a invité mardi l'ancien Premier ministre à ne pas brûler les étapes et à se garder d'un excès de confiance.

François Fillon a estimé lundi, lors d'un déplacement dans les Vosges, que le scrutin de novembre pour la direction du parti néo-gaulliste ne démentirait pas les sondages, qui lui sont tous largement favorables aux dépens du secrétaire général du principal parti d'opposition.

Le député de Paris a marqué son assurance en affirmant en outre que le congrès de l'UMP constituerait "des primaires avant l'heure" à droite pour l'élection présidentielle de 2017.

Un argumentaire à rebours de la stratégie de Jean-François Copé, qui appelle à ne pas confondre les échéances - l'appareil du parti sera renouvelé en 2015, des primaires d'investiture présidentielle devraient se dérouler en 2016 - et distingue les panels des sondages de la "base" militante.

Dans la guerre des nerfs qui se joue entre les deux principaux rivaux, les déclarations de François Fillon ont été accueillies non sans déplaisir par les "copéistes", qui les jugent imprudemment hâtives et confortent selon eux la stratégie de leur chef de file.

Le secrétaire général de l'UMP, qui soutient se concentrer sur l'édification d'une opposition "constructive", devrait officialiser fin août sa candidature à la direction de l'UMP.

"C'EST SYMPATHIQUE"

L'assurance de François Fillon, "c'est bien, c'est sympathique, mais je pense que les militants vont voter", a-t-il commenté sur France 2, se disant "surpris" de son raisonnement sur le présumé caractère plébiscitaire du scrutin.

"Il ne faut pas qu'il y ait là-dessus de malentendu", a-t-il insisté.

"Cette élection, a-t-il poursuivi, ne vise qu'à une seule chose : donner aux militants de l'UMP - ce ne sont pas les sympathisants, ce sont les militants de l'UMP, il y en a qui ont le droit de vote, pas d'autres - le libre choix de celui qui va diriger avec une équipe, pas tout seul, notre parti pendant une période très particulière, qui n'est pas celle de 2017".

La future équipe dirigeante de l'UMP - un président, un vice-président, un secrétaire général - sera élue le 18 novembre par les adhérents à jour de cotisation, évalués par le parti à 264.137. Un second tour aura lieu le 25 novembre si aucune liste ne recueille la majorité des suffrages exprimés.

"Les militants ne sont pas dans le choix de savoir qui va être le meilleur candidat à la présidentielle" de 2017, assure Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général adjoint de l'UMP. "Ils attendent quelqu'un qui puisse être le porte-parole d'une opposition combative et préparer les échéances locales qui arrivent", notamment les municipales de 2014, ajoute ce proche de Jean-François Copé.

"CIRCULEZ, Y'A RIEN À VOIR"

Laurent Wauquiez, qui avait paru lundi balayer les jalons statutaires et électoraux menant à la présidentielle de 2017, a assuré mardi sur RMC Info et BFM TV que François Fillon respectait le calendrier prévu.

"Il y aura très clairement des primaires 2017 et François Fillon a même été un des premiers à dire 'il faut des primaires'", a dit le député de Haute-Loire, membre du "ticket" Fillon.

Jean-François Copé a évoqué mardi non sans perfidie le précédent fratricide de 1995, lorsque Jacques Chirac et Edouard Balladur s'affrontèrent à la présidentielle, pour rappeler implicitement François Fillon à une exigence de prudence.

"Vous vous souvenez sans doute de cette formule, je crois que c'était Philippe Séguin qui l'utilisait au moment des présidentielles de 1995 où on lui disait que le candidat qu'il soutenait à l'époque, Jacques Chirac, n'avait aucune chance (...) : 'on me demande de circuler, y'a rien à voir".

En janvier 1995, lors d'un discours à Bondy (Seine-Saint-Denis), au début de la campagne présidentielle, Philippe Séguin, qui fut le mentor de François Fillon, avait lancé aux électeurs "Circulez, y'a rien à voir!" quand les sondages donnaient pour acquise l'élection d'Edouard Balladur, adversaire de Jacques Chirac. C'est finalement ce dernier qui l'emporta.

L'expression a souvent été reprise par François Fillon, qui du temps de son mandat à Matignon affichait la plus grande réserve face aux sondages. En mars dernier, devant des militants UMP en Isère, il avait estimé qu'"on ne met pas la démocratie en équation" alors que les enquêtes d'opinion prédisaient la victoire de François Hollande face à Nicolas Sarkozy.

"Bref, circulez, il n'y a plus rien à voir! Bonne nuit les petits, faites de beaux rêves!", avait-il lancé.

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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