Copé et Fillon reportent un tête-à-tête à jeudi

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UN TÊTE-À-TÊTE COPÉ-FILLON REPORTÉ À JEUDI
UN TÊTE-À-TÊTE COPÉ-FILLON REPORTÉ À JEUDI

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Jean-François Copé et François Fillon ont reporté à jeudi leur quatrième tête-à-tête, pour tenter de régler la crise à l'UMP, dont les députés "fillonnistes" ont fait pour la première fois groupe à part, mercredi, lors des questions au gouvernement.

Le président proclamé du premier parti d'opposition de droite en France et l'ex-Premier ministre, qui conteste son élection par les militants le 18 novembre, devaient se retrouver mercredi soir à 19h00 à l'Assemblée nationale.

Le rendez-vous a finalement été reporté à jeudi après-midi pour des "raisons d'agenda", a dit à Reuters un proche de Jean-François Copé, renforçant ainsi l'incertitude sur l'issue d'une crise qui désespère élus et militants de l'UMP.

Pendant la séance des questions d'actualités à l'Assemblée, une caméra de Reuters a surpris un échange de billets entre le député-maire de Meaux et François Fillon, assis trois rangs plus bas dans l'hémicycle, par l'intermédiaire d'un appariteur.

Le groupe parlementaire dissident constitué par l'ancien Premier ministre dans l'attente d'une nouvelle élection interne, le "Rassemblement UMP" (RUMP), a interpellé pour la première fois en tant que tel le gouvernement.

La députée de Moselle Anne Grommerch a posé une question sur le sort de l'usine ArcelorMittal de Florange et sa collègue Annie Genevard sur le mariage homosexuel.

En répondant à la première, le Premier ministre socialiste a pris, comme lors de la séance de la veille, un malin plaisir à tenter d'enfoncer un coin entre "fillonnistes" et "copéistes".

"Mme la députée, j'avais été informé (...) que vous alliez me poser cette question", a déclaré Jean-Marc Ayrault. "Je vous remercie de votre courtoisie. J'y vois la marque de la création de ce nouveau groupe et je remercie son président."

"Je vois que sur les bancs d'un autre groupe, on proteste", a-t-il ajouté au milieu du chahut déclenché dans les rangs des partisans de Jean-François Copé par ses propos.

DISCRÉTION ET INCERTITUDE

La scission du groupe UMP a été évoquée mercredi matin par le bureau politique du principal parti de la droite française, mais en l'absence de l'ex-Premier ministre.

Lors d'un point de presse, Jean-François Copé n'a rien voulu révéler de la teneur de ses conversations avec son rival.

"Nous sommes convenus de conserver pour nous le contenu de nos discussions, de voir surtout si nous sommes en situation de trouver ensemble un accord qui nous permette de trouver les chemins de la conciliation, de l'apaisement, de la raison."

Il a proposé dimanche de remettre en jeu son mandat de président de l'UMP après les élections municipales de 2014, ce que François Fillon et ses partisans, qui exigent un nouveau vote rapide, jugent trop lointain.

Le président proclamé de l'UMP maintient que le "vrai sujet" n'est pas le calendrier mais le fonctionnement du parti.

Il assure que ses discussions avec son rival se déroulent dans un "climat très cordial" mais refuse de faire un pronostic sur leurs chances d'aboutir à un compromis et le calendrier.

Un de ses conseillers assure qu'il n'y a pas de date butoir.

Tout en disant ne rien savoir de la teneur des discussions, le porte-parole de François Fillon a en revanche estimé que les discussions des deux hommes devraient s'achever cette semaine.

"A la fin de la semaine, on saura soit s'il y a une fumée blanche, soit s'il y a une fumée grise. Et pour l'instant, il n'y a pas de fumée", a dit Jérôme Chartier sur France Inter.

Des partisans des deux rivaux et des élus "non-alignés" continuent de plaider pour une solution rapide à une crise qui rend inaudible l'UMP et fait les délices de ses concurrents.

Les ex-ministres Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire, tout deux anciens candidats à la présidence de l'UMP, ont publié un appel dans Le Figaro, avec 38 autres députés, dont certains appartiennent à l'un ou l'autre des deux camps.

Les signataires demandent la définition "dans les trois mois" des conditions d'une nouvelle élection interne et la reconstitution de l'unité du groupe parlementaire.

Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, il y a urgence. "Quand ça traîne en longueur, il y a le risque que ça s'installe, que les positions se figent", a-t-elle dit à Radio Classique.

Edité par Gilles Trequesser

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