Copé contre-attaque et accuse le camp Fillon de fraude

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JEAN-FRANÇOIS COPÉ ESTIME QUE FRANÇOIS FILLON EST UN MAUVAIS PERDANT
JEAN-FRANÇOIS COPÉ ESTIME QUE FRANÇOIS FILLON EST UN MAUVAIS PERDANT

PARIS (Reuters) - Jean-François Copé, dont François Fillon menace de contester en justice l'élection à la présidence de l'UMP, a accusé jeudi l'équipe de l'ancien Premier ministre d'"opérations massives, délibérées, préméditées de fraude" en Nouvelle-Calédonie, l'un des départements d'outre-mer au coeur du litige.

Invité d'Europe 1, le président élu du premier parti d'opposition français a déclaré qu'il allait produire "dans les heures qui viennent les éléments qui mettront fin à toute polémique".

Jean-François Copé a, en outre, de nouveau évoqué le cas de 128 suffrages litigieux dans le bureau de vote de la circonscription d'Eric Ciotti, directeur de campagne de François Fillon, dans les Alpes-Maritimes.

"Le comportement de François Fillon, c'est l'histoire d'un mauvais perdant qui vient donner des leçons de morale sans se les appliquer à lui-même", a dit le député-maire de Meaux.

François Fillon, qui revendique la victoire avec 26 voix d'avance après l'omission de 1.304 suffrages outre-mer (Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna, Mayotte), a annoncé mercredi soir sur TF1 qu'il renonçait à la présidence de l'UMP mais qu'il saisirait les tribunaux si Jean-François Copé refusait l'instauration d'une direction collégiale sous l'égide d'Alain Juppé, président fondateur de l'UMP.

Jean-François Copé refuse cette proposition et a assuré n'avoir "aucun problème" avec un éventuel recours judiciaire.

"Dans tous les cas de figure, à supposer qu'on remette tout ça à plat, je serais une nouvelle fois élu", a-t-il affirmé.

FILLON "SAIT QU'IL Y A EU DES FRAUDES"

"On amènera dans les heures qui viennent les éléments qui mettront fin à toute polémique et qui montreront preuves à l'appui des opérations massives, délibérées, préméditées de fraude" en Nouvelle-Calédonie, a-t-il ajouté.

François Fillon "espérait une victoire très facile depuis le début comme le montraient les sondages, mais en plus de cela, ses lieutenants, pour la lui garantir quoi qu'il arrive, ont fait les choses pour organiser des votes conformes à ses souhaits dans certains endroits", a soutenu l'élu de Meaux.

L'ancien Premier ministre, a-t-il poursuivi, "sait pertinemment qu'il y a eu des fraudes. Ces fraudes n'ont pas empêché que je sois élu".

François Fillon, député de Paris, a estimé mercredi soir que l'UMP ne pouvait vivre "sur un mensonge".

"C'est l'hôpital qui se moque de la charité, c'est autobiographique de leur part, de la part de ceux qui sont allés remplir massivement des urnes", a répliqué Jean-François Copé.

Eric Ciotti a jugé "pour le moins étrange" sur i>TÉLÉ "le changement d'argumentation" du camp Copé. "Je note que c'est un nouvel argument", a-t-il dit à propos de la Nouvelle-Calédonie. "Personne n'en a jamais parlé, personne n'en a jamais été saisi".

"UN COUP POLITIQUE"

"Nous demandons ce matin que l'on publie les résultats", a dit Eric Ciotti.

Jean-François Copé dénonce un "leurre" dans cette requête, portée par l'ensemble des soutiens de François Fillon.

"C'est un faux débat. Ces résultats sont publics, et en ce qui concerne la Calédonie, ils sont intégrés dans ce qui concerne les résultats de l'outre-mer et des Français de l'étranger", a-t-il indiqué sur Europe 1.

Jean-François Copé a mis en cause l'entourage de François Fillon qui, "aux abois", tenterait "un coup politique, pour ne pas dire un putsch" afin de signer l'arrêt de mort de l'UMP.

"Je ne peux pas imaginer qu'il (François Fillon) s'abaisse à cautionner des pratiques pareilles, donc c'est qu'il n'en est pas informé", a avancé le président élu.

Son équipe, a-t-il affirmé, "est en train d'instrumentaliser un certain nombre d'amis parlementaires qui l'ont soutenu et qui, en toute bonne foi, sont conduits à être tentés d'aller vers l'implosion de l'UMP".

Dans une déclaration commune, 134 parlementaires, à la suite de François Fillon, ont appelé mercredi Alain Juppé à assumer une direction collégiale à la tête du parti le temps de trouver les voies et moyens d'une sortie de crise.

"Je ne vois pas très bien quel doit être l'objet d'une médiation. Il y a un problème de fait, un problème de droit", a argumenté Jean-François Copé.

Interrogé sur l'éventualité d'un nouveau scrutin, il a estimé que cette décision, si elle apparaissait nécessaire, incombait à un juge. "On ne décide pas comme ça, sous prétexte que le perdant n'accepte pas d'avoir perdu, de refaire l'élection".

Sophie Louet

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