COP22: les pays en développement espèrent des avancées sur les financements

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Le secrétaire d'État américain John Kerry, ici le 16 novembre 2016 à Marrakech, doit plaider en faveur d'une poursuite de l'engagement des États-Unis contre le fléau des dérèglements climatiques, dans le cadere de la COP22 ( POOL/AFP / Mark RALSTON )
Le secrétaire d'État américain John Kerry, ici le 16 novembre 2016 à Marrakech, doit plaider en faveur d'une poursuite de l'engagement des États-Unis contre le fléau des dérèglements climatiques, dans le cadere de la COP22 ( POOL/AFP / Mark RALSTON )

Le financement des actions contre le réchauffement dominait mercredi les discussions à la COP22 à Marrakech, où le secrétaire d'État américain John Kerry doit plaider en faveur d'une poursuite de l'engagement des États-Unis contre le fléau des dérèglements climatiques.

Le diplomate américain est arrivé mercredi matin sur le site de la 22e conférence climat de l'Onu au Maroc et prendra la parole en séance plénière en début d'après-midi, une semaine après l'élection de Donald Trump qui a affirmé pendant sa campagne vouloir tourner le dos à l'accord de Paris.

Dans une lettre, plus de 360 entreprises, pour la plupart américaines, parmi lesquelles DuPont, Gap, Hewlett Packard, Kellog, Hilton, Nike ou Mars, ont écrit au président élu pour lui demander de respecter cet accord sur le climat.

Depuis mardi, les représentants de quelque 180 pays - 80 chefs d'État et de gouvernement et des ministres - défilent à la tribune, comme ils l'avaient fait l'an dernier le premier jour de la COP21 à Paris.

Le secrétaire d'État américain John Kerry  et Aziz Mekouar, ancien ambassadeur du Maroc aux É
Le secrétaire d'État américain John Kerry (D) et Aziz Mekouar, ancien ambassadeur du Maroc aux États-Unis, président le Forum des grandes puissances économiques organisé dans le cadre de la COP22 à Marrakech, le 16 novembre 2016 ( POOL/AFP / Mark RALSTON )

Tous rappellent que l'accord scellé l'an dernier engage toute la communauté internationale et que sa mise en oeuvre est absolument essentielle pour que "nos enfants héritent d'un monde plus sûr", selon l'expression du président du Niger, Issoufou Mahamadou.

Le ministre des Affaires étrangères du Sri Lanka, Mangala Samaraweera, a aussi évoqué "les générations à venir" pour qui "les conséquences (du réchauffement) pourraient être catastrophiques".

Les engagements actuels des pays - dont certains sont conditionnés à de l'aide internationale - engendreraient une hausse de plus de 3°C par rapport à l'ère pré-industrielle, un seuil synonyme de dérèglements climatiques (sécheresses, vagues de chaleur, inondations, niveau des océans, etc.) qui rendraient de nombreuses zones de la planète inhabitables.

L'accord de Paris prévoit que les pays, sur une base volontaire, rehaussent leurs objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour limiter à 2°C l'augmentation du thermomètre mondial.

"J'espère que les engagements pris l'an dernier resteront sur les rails afin de relever les défis qui se présentent à nous", a lancé aux pays développés le ministre sri-lankais.

- Rééquilibrer les financements -

Fin des subventions aux énergies fossiles, taxation des émissions de CO2, soutien aux énergies renouvelables, aux transports propres et pour des infrastructures moins consommatrices d'énergie: toutes ces actions doivent prendre une autre ampleur pour réussir une transition mondiale vers des économies +bas carbone+ et ne pas dépasser les 2°C.

Les délégués arrivent pour le Forum des grandes puissances économiques organisé dans le ca
Les délégués arrivent pour le Forum des grandes puissances économiques organisé dans le cadre de la COP22 à Marrakech, le 16 novembre 2016 ( POOL/AFP / Mark RALSTON )

Si ce cap est fixé pour tous, les pays en voie de développement veulent être soutenus, financièrement et d'un point de vue technologique, pour le suivre.

En plénière, le président du Djibouti Ismail Omar Guelleh a déploré les insuffisances "du financement et des transferts de technologie (...) alors que l'Afrique représente moins de 4% des émissions mondiales".

Les pays du Sud réclament aussi d'être aidés pour se protéger des nouvelles conditions climatiques en mettant en oeuvre des actions dites d'adaptation: digues, surélévation des habitations, aide à l'irrigation et à la sélection de semences, système d'alerte météo, etc.

Le financement de ces mesures, difficile à obtenir sur les marchés financiers, est au centre de débats difficiles à Marrakech.

Un soldat marocain monte la garde sur le site de la 22e conférence climat de l'Onu au Maroc, la COP22, à M
Un soldat marocain monte la garde sur le site de la 22e conférence climat de l'Onu au Maroc, la COP22, à Marrakech le 14 novembre 2016 ( AFP / STEPHANE DE SAKUTIN )

"Le financement de l'adaptation - de l'ordre de 10 milliards de dollars par an - est absolument inadéquat", a déclaré mercredi en conférence de presse Harjeet Singh d'Action Aid, membre du réseau mondial d'ONG Climate action network. "Les pays en voie de développement ont demandé à ce que ce chiffre soit multiplié par 4 d'ici 2020, mais ils ne sont pas entendus", a-t-il déploré.

Sur les 100 milliards annuels promis d'ici 2020, les pays riches se sont engagés à multiplier par deux le financement des actions d'adaptation.

Le Programme des Nations unies pour l'Environnement évalue les besoins pour l'adaptation à 140 à 300 milliards par an d'ici 2030.

Les pays les plus vulnérables et les ONG espèrent désormais que la réunion ministérielle sur les financements mercredi après-midi permettra des avancées.

"L'accord de Paris appelait à un équilibre entre le financement" des actions pour réduire les émissions et celles pour l'adaptation, rappelle Armelle Le Comte, mais "nous sommes encore très loin du compte et nous exhortons les ministres (...) à proposer des solutions concrètes".

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  • dotcom1 il y a 3 semaines

    Les émissions de gaz à effet de serre issues des énergies fossiles sont restées stables depuis 2014, voilà une vraie avancée réalisée. Ca change des jérémiades des "ce sera pire demain".