COP21-Nouveau projet d'accord attendu dans la journée de jeudi

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    * Vers une nouvelle mouture du projet d'accord sur le climat 
    * Laurent Fabius veut toujours conclure vendredi 
 
    par Emmanuel Jarry 
    LE BOURGET, Seine-Saint-Denis, 10 décembre (Reuters) - Une 
nouvelle nuit de négociations à la conférence sur le climat de 
Paris a permis suffisamment d'avancées pour qu'une mouture 
améliorée du projet d'accord puisse être présenté jeudi 
l'après-midi mais ce ne sera sans doute pas encore le texte 
définitif. 
    Selon des sources proches des discussions, le financement de 
l'aide aux pays en développement, la date de première révision 
des engagements de réduction des émission de gaz à effet de 
serre (GES) et la compensation des dommages irréversibles subis 
par les pays les plus exposés restent des points difficiles. 
    "Ça avance bien, on y a passé toute la nuit", a néanmoins 
dit le chef de la diplomatie française au secrétaire général de 
l'Onu, Ban Ki-moon, qu'il recevait en début de matinée dans son 
bureau de la présidence de la COP21 au Bourget, près de Paris.  
    "Nous essayons maintenant de passer à l'accord final", a 
ajouté Laurent Fabius. "Cet après-midi je proposerai un nouveau 
texte qui tient compte de tout ce qui m'a été dit." 
    Selon son entourage, il a présidé jusqu'à 4h50 une réunion 
des chefs de délégations sur les principaux points de blocage et 
brièvement dormi sur place avant de reprendre ses consultations 
pendant la rédaction de la nouvelle mouture. 
    "Les négociateurs sont cramés et ont repris le flambeau ce 
matin. Ce n'est pas gagné", commentait en début de matinée une 
source proche de la présidence française de la COP21.  
    Laurent Fabius avait annoncé mardi vouloir faire adopter un 
accord sur la lutte contre le réchauffement climatique vendredi 
en fin d'après-midi.  
     
    PASSAGE OBLIGÉ 
    Mais les débats de mercredi soir en séance plénière de 
l'instance de consultation mise en place en début de semaine ont 
souvent donné l'impression que la COP21 renouait avec les vieux 
démons des conférences sur le climat improductives. 
    Pendant plus de trois heures et demie, une cinquantaine 
d'orateurs sur 196 délégations se sont succédé pour critiquer le 
projet de texte présenté dans l'après-midi et réaffirmer leurs 
lignes rouges, quitte à faire ressurgir l'opposition 
traditionnelle entre pays riches et en développement. 
    "En dehors du groupe Umbrella (Japon, Australie, Canada, 
notamment), la plupart de ces lignes rouges allaient plutôt dans 
le sens d'un accord ambitieux", nuance cependant Matthieu 
Orphelin, un proche de l'envoyé spécial du président François 
Hollande pour les questions climatiques, Nicolas Hulot. 
    Dans l'entourage de Laurent Fabius, on veut également voir 
dans les débats de mercredi soir un passage obligé de toute 
négociation de ce niveau. "Il y a toujours le risque que les 
gens accumulent les frustrations et donc il faut prendre le 
temps d'écouter tout le monde", explique-t-on de même source. 
    L'ancien président du Timor Oriental, Jose Ramos Horta, prix 
Nobel de la Paix 1996, qui défend notamment l'introduction d'un 
mécanisme de compensation des pertes et préjudices dans le futur 
accord, a pour sa part estimé qu'aucun pays ne pouvait espérer 
obtenir tout ce qu'il voulait lors de ces négociations.  
    "Un traité n'est pas Bible. Nous pouvons le réviser", a-t-il 
déclaré à Reuters. 
 
 (Avec Alister Doyle et Yonathan Van der Voort, édité par Yves 
Clarisse) 
 
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