COP21-Les principaux points durs toujours pas tranchés

le , mis à jour à 00:29
0
    * Hollande fait était de "résistances" et d'"interrogations" 
    * Fabius maintient son objectif d'un accord adopté vendredi 
    * Les représentants de la société civile manifestent 
 
 (Avec réactions de pays participants, nouveau rendez-vous) 
    par Emmanuel Jarry 
    LE BOURGET, Seine-Saint-Denis, 9 décembre (Reuters) - A 
moins de 48 heures de l'échéance, la conférence de Paris sur le 
climat butte comme au premier jour sur les trois principaux 
sujets au coeur de la négociation et les débats de mercredi soir 
ont confirmé que le chemin d'un accord restait semé d'embûches. 
    Le chef de la diplomatie française et président de cette 
COP21, Laurent Fabius, a remis en début d'après-midi aux 196 
délégations un projet de texte, plus court et dont près de la 
moitié des articles sont proches d'une rédaction définitive. 
    Mais ceux consacrés aux objectifs à long terme de la lutte 
contre le réchauffement climatique, à son financement et à la 
modulation des efforts demandés aux pays selon leur degré de 
développement, en paraissent en revanche encore très loin. 
    La nouvelle mouture hésite ainsi entre trois options pour 
l'objectif de réchauffement climatique : "sous 2°C au-dessus des 
niveaux pré-industriels" à la fin du siècle, "bien en dessous de 
2°C", tout en reconnaissant les risques encourus par certaines 
régions au-dessus de 1,5°C, ou "sous 1,5°C", un seuil demandé 
par les pays les plus vulnérables aux dérèglements climatiques. 
    Laurent Fabius, qui s'en tient à son objectif d'un accord 
adopté vendredi en fin d'après-midi, souhaitait mettre la nuit à 
profit pour concentrer les consultations au niveau des chefs de 
délégations sur ces points cruciaux. 
    Mais la réunion de l'instance de consultation convoqué 
mercredi soir par le chef de la diplomatie française pour 
entendre les réactions des délégations a retardé la reprise de 
ces travaux sans permettre d'y voir plus clair. 
    Les intervenants ont certes salué sa méthode -- celui de 
Timor proposant même de lui décerner le prix Nobel de la Paix -- 
et considéré le texte comme une "bonne base". Mais pour mieux 
critiquer cette mouture, quitte à faire ressurgir l'opposition 
traditionnelle entre pays riches et en développement. 
    "Il ne faut pas rester passéiste mais la durabilité de 
l'accord ne sera pas possible si on dilue les responsabilités 
historiques ou si on met sur un pied d'égalité les pollueurs et 
les victimes", a ainsi dit le ministre indien de 
l'Environnement. 
    De nombreux pays en voie de développement ont souhaité 
retenir l'objectif de 1,5°C et invité les pays développés à 
tenir leurs engagements en matière de financement. 
     
    MANIFESTATION 
    Mais "pour atteindre cet objectif de 1,5° il faudrait que 
les pays en développement réduisent massivement leurs émissions 
et qu'il y ait donc un déploiement massif de financement des 
pays développés dans les pays en développement. Ça n'existe 
pas", a insisté Prakash Javadekar. 
    La ministre japonaise de l'Environnement, Tamayo Marukawa, a 
pour sa part déploré que l'équilibre du texte ait été "perdu", 
avis partagé par la Suisse, qui s'exprimait au nom du groupe des 
pays dits de "l'intégrité environnementale", mais également par 
des délégations du Sud, pour des raisons opposées. 
    "Tout objectif qui menace notre développement, l'éradication 
de la pauvreté et la sécurité alimentaire, ne peut pas être dans 
l'accord", a répliqué l'Arabie saoudite, pays pétrolier et Etat 
parmi les moins ambitieux en termes de réduction des gaz à effet 
de serre (GES), responsables du réchauffement.  
    Laurent Fabius a interrompu la session au bout de trois 
heures et demie et donné rendez-vous à minuit aux chefs de 
délégation pour une réunion en format restreint.  
    Le chef de l'Etat français, François Hollande avait reconnu 
quelques heures plus tôt que des Etats montraient encore "des 
résistances", tout en refusant de nommer ces pays "pour ne pas 
compliquer les négociations" dans un "moment décisif". 
    Les organisations de défense de l'environnement invitées en 
observatrices à la COP21 ont pour leur part manifesté en fin 
d'après-midi au coeur de la "zone bleue" sous juridiction de 
l'Onu pour faire pression sur les responsables politiques. 
    En fin d'après-midi, environ 500 de leurs représentants 
venus du monde entier, souvent très jeunes, avaient ainsi défilé 
 dans le hall principal pour protester contre un manque 
d'ambition présumé des négociateurs. 
    Au milieu des manifestants, l'ancien négociateur philippin 
Yeb Saño, se montrait quelque peu amer. 
    "Personnellement, je n'ai aucune illusion sur la possibilité 
d'influencer les gouvernements en manifestant", a-t-il déclaré à 
Reuters. "Mais cela montre que nous sommes solidaires."  
 
 (Avec Alister Doyle, Elizabeth Pineau, Nina Chestney et Megan 
Rowling) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant