COP21-Les ministres entrent en scène pour le deuxième acte

le , mis à jour à 22:33
0
    * Des progrès mais des divergences persistantes 
    * La présidence de la COP se prépare à des nuits blanches 
    * Fabius souhaite une première trame mercredi 
 
 (Avec première réunion du "Comité de Paris") 
    par Emmanuel Jarry 
    LE BOURGET, Seine-Saint-Denis, 7 décembre (Reuters) - La 
conférence de Paris sur le climat s'est engagée lundi dans une 
phase décisive avec l'entrée en scène des ministres chargés de 
poursuivre les négociations, qui ont quatre jours pour rendre un 
arbitrage politique sur de nombreux points en suspens. 
    Des ministres désignés par le chef de la diplomatie 
française pour animer des groupes de travail ont rendu compte en 
début de soirée de leurs premières consultations pour tenter de 
dégager des solutions, sur la base du brouillon d'accord rendu 
samedi par les négociateurs des 195 pays participants. 
    Ces "facilitateurs" ont fait état d'une volonté générale de 
compromis et de progrès mais aussi de divergences persistantes.  
    La 21e conférence des parties signataires de la 
convention-cadre des Nations unies sur les changements 
climatiques (CCNUCC) est considérée comme une des dernières 
chances d'orienter la planète vers une économie sobre en énergie 
fossile, avant que son réchauffement ne prenne des proportions 
catastrophiques.  
    L'objectif est l'adoption vendredi d'un accord universel et 
contraignant en bonne et due forme sur la lutte contre les 
dérèglements climatiques.  
    Le chef de la diplomatie française et président de cette 
COP21 a insisté toute la journée sur la nécessité d'avoir une 
"première vision d'ensemble" du texte final dès mercredi. 
    "On a réussi jusqu'ici à dormir un peu mais à partir de ce 
soir c'est terminé, on entre dans le chaud", a confié à Reuters 
un proche collaborateur de Laurent Fabius, anticipant plusieurs 
nuits de travail d'ici vendredi. 
    Une vingtaine de box équipés de canapés ont été aménagés 
dans cette perspective dans une salle plongée dans la pénombre, 
à l'étage de la présidence de la COP21, pour permettre aux 
membres de la délégation française de prendre un peu de repos. 
    Laurent Fabius a reçu toute la journée délégations et 
responsables politiques, dont le secrétaire d'Etat américain 
John Kerry, de nouveau de passage à Paris. 
    "Pour l'instant, on a un capital de confiance exceptionnel, 
surtout pour un pays développé (alors que) l'essentiel des 
gouvernements viennent de pays en développement", a estimé entre 
deux rendez-vous la négociatrice française. 
     
    "MOMENT DE VÉRITÉ" 
    "Il ne faut pas gâcher ça", a ajouté Laurence Tubiana, dont 
le bureau jouxte celui du ministre des Affaires étrangères. 
"Aujourd'hui c'est vraiment le moment de vérité." 
    Les principaux points d'achoppement concernent le traitement 
différencié des Etats  , les questions financières, 
les objectifs à long terme, la révision des engagements 
nationaux et les actions à entreprendre d'ici l'entrée en 
vigueur du futur accord, en 2020. 
    Le projet d'accord hésite encore à ce stade, par exemple, 
entre contenir la hausse de la température moyenne de la planète 
"en dessous de 1,5°C", ce que souhaitent les pays les plus 
vulnérables au réchauffement, ou "bien en dessous de 2°C". 
    Les pays en développement continuent aussi de demander aux 
pays développés, historiquement les principaux émetteurs de gaz 
à effet de serre (GES) responsables du réchauffement, de payer 
leur dette écologique par le biais d'une aide financière aux 
Etats les plus vulnérables et de transferts de technologie. 
    "L'idée générale est que les pays développés continueront à 
être les premiers bailleurs d'aide aux pays en développement", a 
ainsi dit le négociateur brésilien, Luis Figueiredo.  
    "Plusieurs parties ont déclaré ne pas avoir l'intention de 
créer de nouvelles obligations juridiques pour les pays en 
développement mais un encouragement à contribuer sur une base 
totalement volontaire", a-t-il ajouté. 
    Laurent Fabius s'est dit prêt à demander si nécessaire à 
d'autres ministres de jouer le rôle de "facilitateur" sur des 
points spécifiques. 
    Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, avait appelé 
lundi matin les participants à accentuer leurs efforts, parce 
que "le temps presse avant une catastrophe climatique".  
    "A l'extérieur de ces salles de réunion, une vague mondiale 
est en train de se former en faveur d'un accord universel 
puissant", a-t-il déclaré. "Le monde attend de vous plus que des 
demi-mesures et des approches graduelles".  
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant