COP21-Cazeneuve dit assumer les mesures contre des écologistes

le
0
    STRASBOURG, 28 novembre (Reuters) - Bernard Cazeneuve a 
déclaré assumer "totalement" samedi l'assignation à résidence de 
24 militants écologistes jugés susceptibles de manifester 
violemment à l'occasion de la Conférence des Nations unies sur 
le changement climatique (COP21), qui débute dimanche près de 
Paris.  
    Ces assignations à résidence, décidées dans le cadre de 
l'état d'urgence instauré après les attentats qui ont fait 130 
morts le 13 novembre dernier à Paris et Saint-Denis, ont été 
critiquées par certains acteurs du monde associatif. 
    "Nous avons assigné 24 personnes parce qu'elles avaient 
témoigné d'actes violents par le passé à l'occasion de 
manifestations et qu'elles avaient exprimé le souhait de ne pas 
respecter les principes de l'état d'urgence", a dit le ministre 
de l'Intérieur lors d'un déplacement à Strasbourg (Bas-Rhin).  
    "J'assume totalement cette fermeté. Ne pas assumer cela 
devant les Français, c'est être, dans un contexte de menace très 
élevée, dans une prise de risque que les Français ne 
toléreraient pas", a-t-il ajouté. 
    Les personnes concernées, "déjà condamnées, pour un certain 
nombre d'entre elles, pour avoir participé à des manifestations 
violentes", selon le ministre, sont des "activistes" de la 
mouvance écologiste, a-t-on précisé dans son entourage. 
    Un total de 312 assignations à résidence ont été prononcées 
en France depuis l'instauration de l'état d'urgence, le 14 
novembre, a indiqué Bernard Cazeneuve. 
    Outre ces assignations à résidence, des marches prévues en 
marge de la COP21 ont été interdites pour des raisons de 
sécurité après les attentats.  
    Le directeur général de Greenpeace France, Jean-François 
Julliard, a déploré sur BFM TV des mesures visant selon lui à 
"étouffer (une) critique qui monte dans les milieux militants".  
    "À notre connaissance, tous les militants qui ont reçu ces 
assignations à résidence sont des militants pacifistes, qui 
n'ont jamais commis aucune violence", a-t-il assuré. 
    Des propos contredits par le ministre de l'Intérieur.  
    "Même si ces personnes ne sont pas du tout liées à la 
mouvance terroriste, la mobilisation de nos forces doit être 
consacrée entièrement à la protection des Français", s'est-il 
défendu samedi.  
    "Nous ne pouvons pas accepter" qu'elles "puissent ne pas 
faire l'objet de mesures de l'état d'urgence au risque de voir 
des troubles graves à l'ordre public se produire qui 
détourneraient les forces de sécurité de la mission essentielle 
que je leur ai assignée, c'est-à-dire la lutte contre le 
terrorisme", a-t-il ajouté devant des élus et des responsables 
des forces de sécurité du Bas-Rhin. 
    La première réunion des négociateurs chargés de préparer un 
projet d'accord pour la COP21 a été avancée à dimanche, sans 
attendre l'ouverture officielle de l'événement, lundi. 
    Cent-cinquante chefs d'Etat et de gouvernement y 
participeront.  
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Chine Labbé) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant