COP21-Brise d'optimisme à la conférence climat

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    * Un climat plus positif après des débuts laborieux 
    * Fabius maintient la date limite de samedi midi 
    * Un nouveau texte, plus court, base des discussions 
 
 (Avec reprise des négociations, commentaires) 
    par Emmanuel Jarry 
    LE BOURGET, Seine-Saint-Denis, 4 décembre (Reuters) - Les 
négociations ont repris sur une meilleure base vendredi 
après-midi à la conférence du Bourget sur le climat, où 195 pays 
sont engagés dans une course contre la montre pour remettre un 
projet d'accord samedi à midi à Laurent Fabius. 
    Le chef de la diplomatie française et président de la COP21, 
qui a maintenu cette échéance, avait estimé en fin de matinée 
que le compte n'y était pas, après quatre jours de discussions 
presque ininterrompues mais peu productives près de Paris. 
    Mais en milieu d'après-midi, à la reprise des travaux du 
groupe de contact chargé de mettre en forme le texte, dont les 
derniers points litigieux doivent être réglés à partir de ce 
week-end au niveau ministériel, le ton avait changé. 
    Nozipho Mxakato-Disek, la présidente sud-africaine du "G77 + 
Chine", groupe qui fédère 134 pays en développement et 
émergents, a annoncé qu'ils acceptaient de négocier sur la base 
d'un nouveau texte préparé dans la nuit.  
    Ce document intègre au projet d'accord en discussion depuis 
des mois des propositions de compromis mises au point par les 
"facilitateurs", des diplomates chargés d'animer les travaux. 
    S'il est très loin de tout régler, il réduit fortement le 
nombre d'options ouvertes (une centaine contre plus de 200) et 
de formulations encore en débat (environ 750 au lieu de 1.400). 
    "Nous sommes prêts à négocier aussi vite que possible sur la 
base du texte contenant les propositions de compromis", a dit 
Nozipho Mxakato-Disek au nom du G77 en début de séance. 
    Le chef de la délégation angolaise a déclaré au nom des 48 
pays "les moins avancés" qu'ils s'alignaient sur le G77. 
    Même le Vénézuéla, un des rares pays à contester le 
processus même de la conférence, s'est montré inhabituellement 
conciliant : "Je ne sais pas pourquoi vous êtes si fiévreux et 
stressé (...) Relax", a lancé l'ambassadrice Claudia Salerno, 
chef de la délégation vénézuélienne. 
     
    POINTS DURS ET LIGNES ROUGES 
    La négociatrice française, Laurence Tubiana, oreille de 
Laurent Fabius dans ces négociations, a pour sa part salué une 
"excellente atmosphère" et une "volonté d'avancer." 
    Des négociateurs voient dans la réduction à 19 pages de la 
nouvelle mouture du projet d'accord l'espoir de voir s'éloigner 
définitivement le spectre de l'échec de la COP15 en 2009. 
    "A Copenhague, nous avions 300 pages de texte indigeste", a 
déclaré à Reuters la secrétaire exécutive de la convention des 
Nations unies sur le climat (CCNUCC), Christiana Figueres. 
    "Nous sommes dans une bien meilleure situation mais il y a 
encore des risques énormes", nuance un négociateur européen. 
    Les principaux points durs restent le financement de l'aide 
aux pays en développement - qui paye, quelle évolution au-delà 
de 2020) et le traitement différencié des Etats selon leur degré 
de développement et leur responsabilité passée dans les 
émissions de gaz à effet de serre. 
    Ce point, comme d'autres, ne sera sans doute pas réglé avant 
la phase politique de la COP21, la semaine prochaine. 
    L'indemnisation des dégâts définitifs causés par les 
conséquences du changement climatique, notamment dans les petits 
Etats insulaires, est également en débat. 
    L'option "pas de référence aux pertes et dommages" a certes 
été supprimée du projet d'accord désormais sur la table mais le 
chef négociateur américain, Todd Sterne, a déclaré à la presse 
que cela restait une "ligne rouge" pour Washington. 
    "Nous n'accepterons pas la notion de responsabilité et de 
compensation pour les pertes et dommages", a-t-il dit. 
    Reste aussi à décider si le texte fixera pour objectif de 
contenir le réchauffement climatique sous 2°C en 2100, "bien 
en-dessous de 2°C" ou "en-dessous de 1,5°", un objectif 
ambitieux que les pays les plus vulnérables voudraient voir 
retenu.  
    Le sentiment général était en fin d'après-midi vendredi que 
le groupe de contact, les "facilitateurs" et le secrétariat de 
la CCNUCC avaient encore une nuit de travail devant eux pour 
réduire le nombre de points à arbitrer au niveau politique. 
 
 (Avec Alister Doyle, Barbara Lewis, Bate Felix et John Cotton, 
édité par Yves Clarisse) 
 
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