Contrôle des armes-Obama s'adressera directement aux Américains

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    par Jeff Mason et Alana Wise 
    WASHINGTON, 4 janvier (Reuters) - Barack Obama plaidera sa 
cause pour un contrôle renforcé des armes à feu directement 
devant le peuple américain cette semaine et devrait utiliser son 
pouvoir réglementaire pour faire passer ses idées pour sa 
dernière année au pouvoir.     
    Lundi, le président démocrate doit rencontrer sa ministre de 
la justice Loretta Lynch pour étudier avec elle la façon de 
renforcer le contrôle des armes aux Etats-Unis sans passer par 
le Congrès, contrôlé par des républicains plutôt opposés aux 
restrictions à l'utilisation des armes. 
    Jeudi, le président participera à une émission de télévision 
sur CNN à 20h00 (vendredi 01h00 GMT) qui devrait lui permettre 
de s'attirer le soutien du public dans un pays où le lobby des 
armes à feu, la NRA (National Riffle Association), est très 
puissant, avant son discours sur l'état de l'Union le 12 
janvier. 
    Le chef de la Maison blanche n'a pas précisé les mesures 
qu'il envisageait. Selon les observateurs, il devrait annoncer 
son intention d'élargir le nombre des vendeurs d'armes tenus 
d'avoir une licence de vente et de procéder à une vérification 
des antécédents des acquéreurs. 
    Actuellement, la législation exempte les petits revendeurs 
d'armes à feu, ceux qui vendent en ligne et sont souvent 
présents lors des foires. 
    Les républicains ont d'emblée critiqué les projets du 
président. Ils estiment qu'il outrepasse son pouvoir exécutif. 
    Barack Obama avait tenté de renforcer les restrictions 
concernant les armes à feu après la tuerie de l'école primaire 
Sandy Hook de Newtown, dans le Connecticut, en décembre 2012, 
(26 morts dont 20 enfants) mais ses projets avaient été bloqués 
par le Congrès. 
    Le mois dernier, la tuerie de San Bernardino, en Californie, 
(14 morts) due à un couple de musulmans radicalisés 
vraisemblablement inspiré par l'Etat islamique a redonné de 
l'énergie à l'équipe présidentielle pour tenter à nouveau de 
légiférer, cette fois par décret. 
     
    100% CERTAIN 
    "Ce serait mieux pour notre sécurité s'il était plus 
difficile pour les terroristes d'acheter des armes très 
puissantes", a fait valoir samedi devant les journalistes le 
conseiller adjoint de la Maison blanche la Sécurité nationale, 
Ben Rhodes.   
    Hillary Clinton, favorite pour être adoubée candidate du 
Parti démocrate à la présidentielle du 8 novembre prochain, a 
salué le projet de Barack Obama. Son ancienne secrétaire d'Etat 
a fait savoir qu'elle prendrait elle aussi des décrets sur le 
contrôle des armes si elle devient présidente. 
    Selon un sondage Reuters/Ipsos publié le mois dernier, 65% 
des personnes interrogées disent estimer qu'il est important de 
traiter la question du contrôle des armes. 
    Le Center for American Progress (CAP), un cercle de 
réflexion proche de la maison blanche, appelle le président à 
viser ceux qui vendent des armes en grand nombre et qui n'ont 
pas de licence. 
    "Il y a énormément d'armes qui changent de mains sans 
vérification des antécédents de l'acquéreur", commente Chelsea 
Parsons chez CAP. Et, ajoute-t-elle, le président restera dans 
la limite de ses pouvoirs exécutifs s'il fait en sorte que le 
nombre de vendeurs d'armes obligés d'avoir une licence soit 
élargi. 
    De fait, certains candidats républicains et notamment Donald 
Trump, le favori, ont fait savoir qu'ils feraient annuler les 
mesures de contrôle des armes qui auront été prises par Obama. 
    "Ce président veut agir comme s'il était un roi, comme s'il 
était un dictateur", a déclaré le gouverneur du New Jersey Chris 
Christie, un des candidats à l'investiture républicaine. 
    "Ce sera à nouveau un décret présidentiel illégal qui sera 
rejeté par les tribunaux," a-t-il ajouté. 
    Mais, en utilisant ses pouvoirs réglementaires, le président 
respectera le Deuxième amendement de la constitution américaine 
qui garantit le droit de porter une arme, confirme John Donohue, 
professeur de droit à l'université de Stanford. 
    "Il y a très peu de choses que je dirais avec 100% de 
certitude sur ce que feraient la Cour suprême et les autres 
juridictions, mais je suis à 100% certain qu'aucun tribunal ne 
dira que demander davantage de contrôle des antécédents viole le 
Deuxième amendement", déclare le professeur. 
 
 (Avec Alex Dobuzinskis et Robert Laffola; Danielle Rouquié pour 
le service français) 
 
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