Contre-projet russe sur l'aide humanitaire en Syrie

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PROLONGATION DE LA TRÊVE À HOMS
PROLONGATION DE LA TRÊVE À HOMS

MOSCOU (Reuters) - La Russie a présenté au Conseil de sécurité de l'Onu un contre-projet de résolution sur l'acheminement de l'aide humanitaire et la lutte contre le "terrorisme" en Syrie après avoir rejeté un texte jugé trop critique envers Bachar al Assad, que soutenaient les Occidentaux et les Etats du Golfe.

Ce texte expose "notre vision du rôle que peut jouer le Conseil de sécurité s'il souhaite soutenir une solution au problème et ne pas dresser un camp contre l'autre", a expliqué jeudi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov après des entretiens avec son homologue égyptien.

Parallèlement, la trêve humanitaire mise en place pour permettre aux équipes des Nations unies d'acheminer de l'aide et d'évacuer les civils de la Vieille Ville de Homs a été prolongée de trois jours, a déclaré le gouverneur de la ville, Talal al Barazi.

Depuis vendredi, 1.400 personnes environ ont été évacuées de la Vieille Ville assiégée depuis plus d'un an par les forces gouvernementales, a-t-il dit.

Si les femmes et enfants sont libres de partir, les hommes âgés de 15 à 55 ans en état de combattre sont soumis à des vérifications. Soixante-dix d'entre eux ont été autorisés à quitter la ville jeudi, a précisé Talal al Barazi.

Selon l'Onu, 9,3 millions de Syriens - près de la moitié de la population - ont besoin d'une aide humanitaire dont l'acheminement se heurte aux difficultés liées à la guerre et aux obstacles bureaucratiques émanant du gouvernement syrien.

DÉMILITARISATION

Le 2 octobre, après des mois de discussions, le Conseil de sécurité avait adopté une déclaration non contraignante appelant à un accès facilité pour les agences humanitaires. Ce texte n'a produit que des avancées mineures, comme l'octroi de visas aux équipes humanitaires ou d'autorisations pour des convois.

Aucun progrès de fond n'a été enregistré, notamment pour l'accès à des communautés assiégées ou isolées par les combats ou pour la démilitarisation des écoles et des hôpitaux.

La première session de pourparlers de paix syro-syriens qui s'est tenue en Suisse fin janvier n'a pas permis non plus d'avancer sur la question, d'où l'idée des Occidentaux et monarchies du Golfe d'une résolution sur l'aide humanitaire, plus contraignante qu'une simple déclaration du Conseil.

La Russie, le plus fidèle et le plus influent allié de Bachar al Assad, s'est d'abord dite hostile à une nouvelle résolution avant de rejeter le projet présenté par les Occidentaux et les Etats arabes du Golfe car il visait, selon elle, à pénaliser le gouvernement syrien.

Sergueï Lavrov a ainsi précisé que le texte élaboré par la Russie prévoyait des dispositions sur "la lutte contre le terrorisme" en Syrie.

"Le terrorisme n'est pas un problème moins aigu (que celui de la crise humanitaire)", a expliqué Lavrov reprenant le terme employé par Damas pour désigner la rébellion.

La Russie, imitée par la Chine, a opposé à trois reprises son veto à des résolutions visant à condamner le pouvoir en Syrie depuis le début du conflit en mars 2011, qui a fait plus de 130.000 morts depuis.

Thomas Grove, Gabriela Baczybska, Steve Gutterman; Pierre Sérisier et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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  • zzxcvb41 le jeudi 13 fév 2014 à 17:16

    Occidentaux et Saoudien soutiennent le terrorisme.J'ai honte de la France