Contre la croissance molle, l'OCDE plaide pour l'arme budgétaire

le
0
    PARIS, 23 novembre (Reuters) - L'OCDE appelle de nouveau les 
gouvernements à profiter du contexte de taux bas pour investir, 
jugeant le recours aux leviers budgétaires indispensable pour 
sortir du piège de la croissance molle.     
    L'Organisation de coopération et de développement 
économiques, qui avait déjà plaidé en ce sens en juin 
 , renouvelle ce message dans ses perspectives 
économiques d'automne à paraître lundi.  
    Elle estime en effet que les marges de manoeuvre budgétaires 
dégagées par l'environnement de taux faibles lié à la politique 
accommodante des banques centrales doivent être mises à profit 
pour financer des investissements susceptibles de stimuler une 
croissance toujours poussive et pour diminuer les impôts qui la 
pénalisent.  
    Pour l'organisation basée à Paris, dans de nombreux pays, 
consentir dans cette optique une légère progression des déficits 
publics exercerait un effet positif sur la croissance supérieur 
à son impact délétère sur la dette, sous réserve que les 
dépenses soient bien ciblées. 
    Ainsi, d'après les estimations de l'OCDE, le gain de 
productivité résultant d'une augmentation des déficits publics 
d'un demi-point de produit intérieur brut (PIB) serait compris 
entre 0,4% et 0,6% dès la première année dans les économies 
avancées, à l'exception du Japon. A long terme, il pourrait se 
situer aux alentours de 2%, l'archipel faisant là encore figure 
d'exception.     
    "Ce que nous disons, c'est qu'en empruntant à des taux 
d'intérêt très faibles et en investissant dans des projets 
pertinents, on peut augmenter le rythme de la croissance", a 
déclaré à Reuters Catherine Mann, chef économiste de l'OCDE.  
    Cette invitation à se détacher de la priorité accordée au 
niveau de la dette au profit des mesures budgétaires, qui 
pourrait notamment conforter les intentions de la future 
administration Trump aux Etats-Unis, ne constitue cependant pas 
un blanc-seing pour des dépenses publiques inconsidérées et des 
baisses d'impôts à tout va. 
    "Ces mesures (budgétaires) devront être choisies en fonction 
des problèmes les plus pressants dans chaque pays et pourraient 
combiner une progression des dépenses dans les infrastructures 
matérielles ou immatérielles et l'éducation à une diminution des 
impôts contre-productifs", note l'OCDE.      
 
 (Leigh Thomas; Myriam Rivet pour le service français, édité par 
Patrick Vignal) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant