Contraction du PIB de la zone euro malgré la hausse en Allemagne

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L'ÉCONOMIE ALLEMANDE EN CROISSANCE AU 2E TRIMESTRE, LA FRANCE STAGNE
L'ÉCONOMIE ALLEMANDE EN CROISSANCE AU 2E TRIMESTRE, LA FRANCE STAGNE

PARIS/BERLIN (Reuters) - L'activité économique s'est contractée dans la zone euro au deuxième trimestre, en dépit d'une croissance légèrement plus forte que prévu en Allemagne mais qui pourrait rapidement s'éteindre selon les économistes.

L'économie française a quant à elle enregistré son troisième trimestre consécutif de stagnation sur la période avril-juin.

Comme attendu, l'agence européenne des statistiques Eurostat a annoncé que le produit intérieur brut de la zone euro s'était contracté de 0,2% au deuxième trimestre par rapport aux trois premiers mois de l'année, période pendant laquelle l'activité avait stagné (PIB à 0%).

Les chiffres publiés mardi à Paris et Berlin par les instituts de statistique nationaux sont quant à eux ressortis légèrement au-dessus des attentes : une croissance de 0,3% pour le produit intérieur brut de l'Allemagne et une croissance nulle pour celui de la France.

Les économistes interrogés par Reuters anticipaient une croissance de 0,2% en Allemagne au deuxième trimestre 2012, en net ralentissement par rapport au 0,5% du premier trimestre, et une contraction de 0,1% en France.

L'Autriche et les Pays-Bas ont fait presque aussi bien que l'Allemagne, avec des progressions de leur PIB de 0,2% au deuxième trimestre.

En Europe du Nord, la Finlande a subi une contraction de 0,7% de son économie sur la période, soit un recul identique à celui publié la semaine passée par l'Italie.

L'Espagne s'est encore un peu plus enfoncée dans la récession avec un PIB en recul de 0,4% D'un trimestre à l'autre. Il en est allé de même pour le Portugal, où la contraction du PIB a été de 1,2% sur le trimestre. A Chypre, le recul a été de 0,8%. En Grèce, les chiffres publiés lundi ont montré une contraction d'activité de 6,2% en rythme annuel.

En France, cela fait trois trimestres de suite que l'activité est au point mort. L'Insee a en effet confirmé la croissance nulle de l'économie française au premier trimestre 2012 et a révisé en baisse, à 0,0% contre 0,1% annoncé dans un premier temps, celle du quatrième trimestre 2011.

L'économie allemande a été soutenue en avril-juin par les exportations vers les pays situés hors de l'Union européenne et par la consommation des ménages, qui ont permis de plus que compenser une faiblesse de l'investissement des entreprises directement liée à la situation de la zone euro.

"La croissance a été assez solide. Mais ce pourrait être la dernière bonne nouvelle pour l'économie allemande avant un certain temps", commente Jörg Kraemer, économiste de Commerzbank.

L'INDICE ZEW EN BAISSE

Si la principale économie de la zone euro a bien résisté jusqu'ici à la crise de la dette qui ébranle l'Europe du Sud depuis trois ans, de récents indicateurs laissent penser qu'elle pourrait finalement en accuser le coup.

Jörg Kraemer invoque le recul des commandes à l'industrie depuis la mi-2011 et la dégradation continue des indices des directeurs d'achat dans le secteur manufacturier.

"L'économie allemande pourrait se contracter cet été. Structurellement, elle reste en bonne santé mais elle ne peut pas éviter de se découpler d'une récession dans la zone euro, surtout au moment où la croissance de l'économie mondiale ralentit", dit l'économiste.

L'indice ZEW qui mesure la perception de l'environnement économique par les investisseurs et analystes allemands a reculé pour le quatrième mois d'affilée en août, se retrouvant même en deçà de l'estimation la plus basse du consensus Reuters.

L'indice de l'institut ZEW de Mannheim est ressorti à -25,5 contre -19,6 en juillet et -19,6 attendu par les économistes. La prévision la plus pessimiste le donnait à -25,0.

Selon un économiste de l'institut, ce recul s'explique surtout par la faiblesse de la croissance des principaux marchés de l'Allemagne à l'exportation. Et, ajoute-t-il, la situation à l'export risque de s'aggraver dans les mois qui viennent.

Ludovic Subran, responsable des études économiques de l'assureur crédit Euler Hermes à Paris, souligne qu'il aura fallu plus d'un an à l'économie allemande pour être contaminée par la crise de la zone euro alors que la France, avec une industrie en situation difficile, l'est depuis début 2011.

Une contribution positive des stocks des entreprises et un léger rebond de leurs investissements après leur chute du début d'année ont permis à l'économie française de limiter la casse au deuxième trimestre alors que les dépenses de consommation des ménages ont reculé dans le même temps.

Mais les indicateurs avancés comme ceux des directeurs d'achats laissent aussi présager un second semestre difficile.

Yann Le Guernigou à Paris, Sarah Marsh à Berlin, édité par Dominique Rodriguez

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