Construire sur le terrain de ses parents, le conseil du notaire

le
0

Le Figaro Immobilier, en partenariat avec les notaires de France, répond aux questions que vous vous posez. Cette semaine, Maitre Vincent Chauveau dévoile les pièges insoupçonnés qui attendent ceux qui veulent construire une maison sur le terrain de leurs parents. Pas si simple.

Construire sa maison individuelle avec son propre jardin est le rêve de tous les Français. Ce rêve est pour beaucoup devenu inaccessible financièrement. La volonté de lutter contre l’étalement urbain contribue en effet fortement à la hausse des prix des terrains notamment à la proximité des métropoles urbaines et dans les zones touristiques proche mer ou montagne.

La solution pour les jeunes couples se trouve parfois en famille. Notamment auprès de parents qui ont acquis un grand terrain dans les années 1970-1980. Les dernières lois sur la densification urbaine permettent d’y édifier une ou deux autres maisons. Mais on se heurte à la règle fondamentale en droit de propriété: la propriété du sol emporte la propriété des constructions.

En d’autres termes, les parents seront propriétaires de la maison de leur enfant. Telle n’est pas la volonté d’origine. Pour éviter cela, diverses questions se pose: sur la division du terrain, sur les incidences civiles, sur les incidences fiscales.

Ne pas faire l’autruche

Sur un plan urbanistique, il est préférable de se rapprocher d’un géomètre pour connaitre les formalités de division du terrain mais aussi pour arpenter le terrain. Déclaration préalable ou permis d’aménager? Voici la première formalité administrative à réaliser afin de s’assurer de la faisabilité du dossier. Inutile d’imaginer de construire une maison sur le terrain de ses parents sans au préalable individualiser la parcelle. Cette autorisation obtenue, vous pouvez déposer votre permis de construire.

Un projet de construction sur le terrain de ses parents exprime la volonté de ces derniers de donner le terrain à leur enfant. Et là peuvent naitre deux grandes difficultés. Tout d’abord, comment assurer l’égalité entre les enfants? Le sort de la maison est en danger vis-à-vis-à-vis des co-héritiers des parents. Au décès des parents, un partage est réalisé. L’enfant qui a reçu le terrain devra le déduire de sa part d’héritage.

On devra revaloriser le terrain non plus au jour de la donation mais du partage. Une grande incompréhension nait entre les enfants. Parfois même l’enfant gratifié du terrain doit reverser une indemnité à ses frères et sœurs. Il faut oser parler en famille et peut-être même concevoir de réaliser une donation-partage assurant l’égalité des droits entre les enfants dans le temps.

La seconde difficulté réside dans la vie maritale de son enfant: le jeune couple rembourse le crédit de la construction de la maison conjointement sur un terrain appartenant à un seul des deux? En cas de rupture ou décès dans le couple, la personne vivant maritalement avec le propriétaire du terrain se retrouve sans droit de propriété sur la maison. Imaginez 15 ou 20 ans de remboursement d’un prêt pour sa maison sans en être propriétaire? Inconcevable? Le concubin dispose d’une créance financière à constater ou au mieux le conjoint a un droit à récompense toujours difficile à évaluer.

Dans la pratique, cela est source de contentieux judiciaire. Le droit offre des solutions adaptées à chaque situation: apport du terrain dans une communauté, donation de droits indivis au concubin pacsé, vente entre concubins (licitation), testaments. Mais ces solutions juridiques ont un coût. Plus on anticipe ces actes avant même la construction, plus on va réduire les frais fiscaux. Le conseil gratuit du notaire devient alors incontournable au risque de se voir offrir un cadeau empoisonné.

Lire la suite de l'article sur lefigaro.fr

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant