Constancio veut pondérer plutôt que plafonner le risque souverain

le , mis à jour à 20:05
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(Actualisé avec les propos de Dombret (Bundesbank)) par Marc Jones et Francesco Canepa LONDRES, 29 octobre (Reuters) - Plafonner la détention de dettes souveraines par les banques risque de creuser un trou énorme dans leurs fonds propres, estime Vitor Constancio, le vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), qui propose au contraire d'instaurer une méthode de pondération des risques sur ces actifs. Danièle Nouy, présidente du Conseil de surveillance prudentielle de la BCE, estime précisément que ces actifs ne sont pas sans risque et que l'exposition d'une banque à un souverain unique ne doit pas dépasser le quart de ses fonds propres, comme c'est le cas vis-à-vis de tous les autres emprunteurs. Pour Vitor Constancio, appliquer une telle règle obligerait les banques de l'Union européenne à lever soit des montants énormes de capital Tier 1 soit à revendre une bonne partie de leurs avoirs en dette souveraine. "Elles seraient confrontées à un besoin additionnel de capital Tier 1 de plus de 6.000 milliards d'euros ou à des ventes de ces valeurs mobilières pouvant dépasser les 1.600 milliards d'euros", explique-t-il, selon le texte d'un discours prononcé à Londres. "Cela donne une idée de l'ampleur probable des perturbations du marché de la dette souveraine, du secteur bancaire et de l'économie dans son ensemble que l'instauration d'un tel régime provoquerait". Suivant les règles internationales en vigueur, les avoirs en dette souveraine sont traités comme étant dénués de risques. Vitor Constancio propose d'instaurer une pondération des risques, permettant de jauger les actifs à l'aune de leur probabilité de défaut et fondée sur leurs prix. "Une réglementation se fondant sur les prix donnerait plus de marge de manoeuvre aux banques pour gérer leurs portefeuilles et serait en outre moins perturbante pour le marché de la dette souveraine", dit-il. Preuve que la question divise profondément l'Eurosystème, Andreas Dombret, membre du directoire de la Bundesbank, a proposé jeudi une troisième voie, potentiellement encore plus coûteuse pour les banques que la suggestion de Danièle Nouy. Lors d'une intervention à Londres également, il a estimé que les avoirs en obligations souveraines d'un seul pays devaient être plafonnés comme de la dette privée et en plus garantis par des capitaux en proportion de leur degré de risque. "La Bundesbank est favorable à ce que les obligations gouvernementales soient soutenues par un matelas de capital proportionné au risque et par d'importantes limites d'exposition, comme c'est le cas pour les obligations du privé", a-t-il dit. Le texte du discours de Vitor Constancio sur le site internet de la BCE (en anglais) : http://bit.ly/1jUGWBY (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)

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  • 22441350 le vendredi 30 oct 2015 à 14:29

    La BCE commence à se rendre compte que les gouvernements utilisent leurs banques commerciales nationales contre elle pour ne pas faire les réformes attendues en échange de ses largesses.

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