Constancio (BCE) évoque un "petit" soutien public aux banques

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 (Actualisé avec précisions et contexte) 
    MADRID, 7 juillet (Reuters) - Les difficultés rencontrées 
récemment par certaines banques européennes pourraient justifier 
un "petit" soutien public, a déclaré jeudi le vice-président de 
la Banque centrale européenne, Vitor Constancio. 
    Une interprétation stricte des règles interdisant les aides 
d'Etat a empêché jusqu'à présent les banques de réduire leurs 
actifs à risque, les obligeant à conserver dans leur bilan un 
stock important de créances douteuses, mais le temps est 
peut-être venu de revoir cette approche, a-t-il dit lors d'une 
conférence à Madrid. 
    Les valeurs bancaires européennes ont fortement baissé ces 
dernières semaines, les investisseurs s'inquiétant notamment 
pour les établissements portugais et italiens. Cette chute, qui 
menace les banques d'une augmentation de leurs coûts de 
financement, a alimenté les craintes d'un assèchement du crédit. 
    Les autorités italiennes ont d'ailleurs engagé des 
discussions avec la Commission européenne sur un plan de 
recapitalisation publique des banques de la péninsule.  
    "La situation actuelle, avec un nouveau cycle de baisse des 
cours boursiers après le Brexit, mérite une profonde réflexion 
sur les moyens de compenser certaines insuffisances sur le 
marché avec un petit soutien public pour améliorer sensiblement 
la stabilité de certains secteurs bancaires", a dit Vitor 
Constancio. 
     "Sans cette approche, la seule solution à la disposition 
des autorités de supervision sera d'imposer des délais pour la 
dépréciation (des créances douteuses) qui, de manière réaliste, 
nécessiteront ensuite plusieurs années pour atteindre des 
niveaux raisonnables", a-t-il ajouté. 
     
    LE "BAIL-IN", PRÉALABLE AU SOUTIEN PUBLIC 
    Il a toutefois souligné qu'un éventuel soutien public ne 
pourrait intervenir qu'une fois que les actionnaires et les 
créanciers obligataires des banques auraient été mis à 
contribution à hauteur de 8% du bilan, comme le prévoient le 
dispositif de "bail-in", ou renflouement interne, défini par les 
nouvelles règles européennes en matière de résolution bancaire.  
    La BCE estime que 7,1% des encours de prêts des banques de 
la zone euro étaient non-performants fin 2015, un ratio près de 
cinq fois supérieur à celui enregistré aux Etats-Unis. L'Italie 
et la Grèce figurent parmi les plus mauvais élèves de la région. 
    Vitor Constancio a ajouté que le secteur bancaire européen 
était voué à poursuivre sa cure d'amaigrissement en raison des 
surcapacités dont il souffre, et il a estimé que des fusions 
seraient la meilleure manière de progresser de ce point de vue, 
même s'il est peu probable que la vague de concentration qu'il a 
connue sur la période 2005-2007 se reproduise.  
    Une autre solution serait le démantèlement ordonné de 
certaines banques, qui pourrait passer par la vente de certaines 
activités, a-t-il ajouté. 
    "Une résolution ordonnée n'entraînerait ainsi pas 
l'effondrement pur et simple d'une banque, qui pourrait être 
destructeur de valeur et compromettre la stabilité financière, 
mais elle permettrait la consolidation du secteur bancaire en 
préservant sa valeur", a-t-il expliqué.  
    Il a également jugé que même dans l'hypothèse d'un soutien 
public, les banques avaient besoin de nouvelles règles en 
matière de garanties et d'un marché secondaire des actifs à 
risque.  
     
 
 (Jesus Aguado, Angus Berwick et Balazs Koranyi; Bertrand Boucey 
et Marc Angrand pour le service français) 
 
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