Congrès de la CDU-Merkel promet de réduire l'immigration

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 (Actualisé avec nouvelles citations) 
    par Paul Carrel et Noah Barkin  
    KARLSRUHE, Allemagne, 14 décembre (Reuters) - La chancelière 
allemande Angela Merkel a défendu avec vigueur lundi sa 
politique envers les réfugiés lors du congrès de sa formation 
conservatrice, la CDU, tout en concédant à ses détracteurs 
qu'elle allait désormais réduire "sensiblement" l'afflux de 
migrants. 
    Si elle a été désignée "personne de l'année" à la fois par 
le magazine Time et par le Financial Times pour son attitude 
face à la crise des migrants, la chancelière se heurte dans son 
pays à une opposition croissante à sa politique d'accueil, alors 
même que, depuis le début de l'année, l'Allemagne a accueilli un 
million de nouveaux migrants. 
    Dans son discours devant les délégués chrétiens-démocrates, 
la chancelière a dressé le bilan d'une année exceptionnelle au 
cours de laquelle l'Allemagne s'est dressée face à la Russie 
dans la crise ukrainienne, a favorisé l'accord qui a permis le 
maintien de la Grèce dans la zone euro, et a accueilli des 
centaines de milliers de réfugiés fuyant la guerre et les 
privations au Moyen-Orient.  
    La décision prise en août d'accueillir les réfugiés fuyant 
la guerre et les privations au Moyen-Orient relevait d'un 
"impératif humain", a-t-elle expliqué tout en promettant 
d'endiguer désormais le flux. 
    "Nous voulons et allons réduire sensiblement le nombre de 
réfugiés", a-t-elle assuré sous les applaudissements du congrès, 
qui se tient à Karlsruhe, dans le Land de Bade-Wurtemberg où 
auront lieu des élections régionales en mars. 
    Dimanche, la chancelière avait parlé à l'antenne de la 
chaîne publique ARD de réduire "drastiquement" l'immigration. 
    "Elle a été combative, énergique, elle a communiqué son 
enthousiasme aux délégués de Karlsruhe", écrit l'hebdomadaire 
Die Zeit. 
     
    OVATION DEBOUT 
    Elle s'est aussi employée dans son discours à montrer le 
chemin parcouru par l'Allemagne depuis son arrivée au pouvoir. 
    "Il y a dix ans, la situation n'était pas fameuse. L'Europe 
était profondément divisée par la guerre en Irak. En Allemagne, 
nous avions cinq millions de chômeurs. On parlait de déprime 
allemande, l'Allemagne était l'homme malade de l'Europe", 
a-t-elle rappelé. 
    "L'Allemagne doit être un pays ouvert, curieux, tolérant 
voire un pays qui suscite la passion!", a ajouté la chancelière, 
âgée de 61 ans. 
    Et elle a répété son leitmotiv, "wir schaffen das!" ("Nous 
pouvons le faire") en soulignant que la CDU devait mettre en 
avant ses racines chrétiennes. Elle a d'ailleurs comparé son 
action aux engagements pris par le passé par les anciens 
chanceliers CDU Konrad Adenauer et Helmut Kohl dans des passes 
difficiles. 
    "Je peux le dire, car faire le maximum fait partie de 
l'identité de notre pays", a-t-elle lancé. 
    A la fin de son discours, le millier de délégués CDU 
présents lui a réservé une ovation debout qui a duré pas moins 
de huit minutes, dans la vaste salle de conférence où avaient 
été accrochées des affiches géantes avec ce slogan: "Pour 
l'Allemagne et l'Europe". 
    La chancelière a vu la cote de popularité du camp 
conservateur (la CDU et le parti bavarois CSU) s'éroder au fil 
des derniers mois. De 43% à la mi-août, elle est tombée à 37% 
aujourd'hui, au vu du dernier sondage de l'institut Emnid, rendu 
public dimanche. 
 
 (Eric Faye pour le service français) 
 
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