Congo-Le président Sassou-Nguesso réélu avec 60,4% des voix

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 (Ajoute précisions, agression de trois journalistes français) 
    par Christian Elion 
    BRAZZAVILLE, 24 mars (Reuters) - Denis Sassou-Nguesso a été 
réélu dès le premier tour pour un nouveau mandat de cinq ans à 
la présidence de la République du Congo avec 60,39% des voix, a 
annoncé jeudi le ministre de l'Intérieur, Raymond-Zéphyrin 
Mboulou. 
    Les candidats de l'opposition ont dénoncé des fraudes et 
assuré mercredi que d'après leurs propres calculs, le chef de 
l'Etat sortant, âgé de 72 ans, au pouvoir entre 1979 et 1992 et 
depuis 1997, se dirigeait vers une défaite. Ils n'ont toutefois 
pas encore présenté leurs propres chiffres.  
    Raymond-Zéphyrin Mboulou a déclaré jeudi matin à la 
télévision publique que le principal dirigeant de l'opposition, 
Guy-Brice Parfait Kolelas, avait obtenu 15% des suffrages, 
talonné par le général à la retraite Jean-Marie Michel Mokoko, 
crédité de 14% des voix. 
    Dans une interview accordée à Radio France Internationale, 
Jean-Marie Michel Mokoko a souhaité la mise en place d'une 
commission paritaire "pour regarder procès verbal par procès 
verbal, la réalité de ce qui est sorti des urnes". 
    Brazzaville, la capitale congolaise, et le port de 
Pointe-Noire, bastion de l'opposition, étaient calmes jeudi mais 
la tension restait palpable dans l'attente de la proclamation 
des résultats, rapportent des habitants.  
    La police et l'armée continuaient de patrouiller dans les 
rues mais le gouvernement a levé le blocage d'internet et des 
services de téléphonie mobile, ordonné samedi dernier par les 
autorités pour prévenir la diffusion de résultats officieux 
susceptible de provoquer des troubles.  
    Trois journalistes français, deux envoyés spéciaux de 
l'Agence France-Presse et un envoyé spécial du Monde, ont été 
agressés mercredi après-midi à Brazzaville, a déclaré le 
directeur du Monde Jérôme Fenoglio dans un communiqué.  
    Les trois reporters sortaient d'un point de presse avec le 
général Mokoko, lorsqu'une voiture leur a bloqué la route. 
    "Quatre hommes en civil, qui se sont présentés comme des 
policiers, leur ont alors asséné des coups de poing et se sont 
saisis de leur matériel, caméras et carnets, ainsi que de leur 
passeport, sans donner d'explication", a dit Jérôme Fenoglio. 
    Aucun responsable du gouvernement n'a pu être joint à ce 
sujet. 
    Au moins 18 personnes ont été tuées par les forces de 
sécurité l'an dernier lors de manifestations de protestation 
contre le référendum constitutionnel d'octobre qui a abouti à la 
suppression de la limitation du nombre de mandats présidentiels 
et de l'âge des candidats à la présidentielle.  
    Ces amendements validés à 92% ont permis à Denis 
Sassou-Nguesso de briguer un nouveau mandat, ramené de sept à 
cinq ans. 
    Denis Sassou-Nguesso a dirigé le Congo de 1979 à 1992, année 
où il a été battu à la présidentielle par Pascal Lissouba. Il 
est revenu au pouvoir cinq ans plus tard au terme d'une guerre 
civile et a remporté les scrutins présidentiels de 2002 et de 
2009. 
 
 (Avec Aaron Ross à Kinshasa; Nicolas Delame et Jean-Stéphane 
Brosse pour le service français) 
 
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  • M5723741 il y a 8 mois

    Encore un vrai démocrate ami de la France élu en Afrique.