Confrontation entre cinq protagnistes de l'affaire Bygmalion

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CINQ PROTAGNISTES DE L'AFFAIRE BYGMALION RÉUNIS POUR UNE CONFRONTATION
CINQ PROTAGNISTES DE L'AFFAIRE BYGMALION RÉUNIS POUR UNE CONFRONTATION

PARIS (Reuters) - Cinq protagonistes de l'affaire Bygmalion participent vendredi à une confrontation dans l'enquête sur des fausses factures émises lors de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012, a-t-on appris de source proche du dossier.

Parmi eux, Franck Attal, le patron d'Event and Cie, filiale de Bygmalion et société prestataire des meetings, Jérôme Lavrilleux, ex-cadre de l'UMP, devenue Les Républicains, et Guillaume Lambert, le directeur de la campagne de l'ancien chef de l'Etat.

Les enquêteurs soupçonnent un système présumé de fausses factures destiné à masquer des dépassements de dépenses à l'UMP durant la campagne présidentielle de 2012.

Au total, treize personnes sont mises en examen dans le cadre de cette enquête. Nicolas Sarkozy, aujourd'hui président des Républicains, a été entendu début septembre dans le cadre d'une audition libre.

L'enquête des juges, initialement ouverte pour faux, usage de faux, abus de confiance, tentative d'escroquerie et complicité et recel de ces délits, a été étendue fin novembre au délit de financement illégal de campagne électorale.

Les enquêteurs cherchent à savoir qui a mis en place le système de fausses factures mais les protagonistes livrent des versions parfois contradictoires.

Jérôme Lavrilleux avait reconnu en 2014 l'existence d'un système de fausses factures afin de ne pas dépasser le montant des dépenses autorisées par le candidat et avait dédouané l'ex-dirigeant Jean-François Copé et Nicolas Sarkozy.

Il avait affirmé en revanche que la décision de mettre en place une double comptabilité avait été prise par d'autres responsables de l'UMP et n'avoir été informé qu'après coup.

Mais Guy Alvès, qui co-présidait la société de communication qui a organisé les meetings, a affirmé récemment dans l'Express que c'était Jérôme Lavrilleux qui avait proposé ce montage pour permettre à Bygmalion d'être payé.

"Mon seul regret n'est pas d'avoir accepté de changer des intitulés de factures -je l'ai fait pour sauver notre boîte, mais c'est de voir la responsabilité de deux collaborateurs engagée alors qu'ils n'ont fait qu'obéir aux ordres", a-t-il dit.

Selon le Journal du dimanche du 13 septembre, Guillaume Lambert a mis en cause au contraire devant les juges les responsables de Bygmalion. "J'estime que ce qui a pu fonder ces actes frauduleux peut tout à fait être autre chose que la campagne présidentielle et en particulier la recherche de l'intérêt personnel de la part des gens qui ont profité de ce système", aurait-il dit.

(Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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