Conférence de paix sur la Syrie le 22 janvier à Genève

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LA CONFÉRENCE "GENÈVE II" SUR LA SYRIE AURA LIEU LE 22 JANVIER
LA CONFÉRENCE "GENÈVE II" SUR LA SYRIE AURA LIEU LE 22 JANVIER

par Stephanie Nebehay et Louis Charbonneau

GENEVE/NEW YORK (Reuters) - La conférence de paix sur la Syrie, dite de "Genève II", aura lieu le 22 janvier, un face-à-face inédit entre le gouvernement de Bachar al Assad et l'opposition qui cherche à le renverser depuis bientôt trois ans, ont annoncé lundi les Nations unies.

Il s'agira de mettre en oeuvre le communiqué de Genève du 30 juin 2012 (Genève I) qui prévoyait l'établissement en Syrie d'un gouvernement de transition ayant les pleins pouvoirs exécutifs, mais ne précisait pas le sort éventuel du président Assad.

Le conflit syrien, commencé comme un soulèvement populaire en mars 2011, a dégénéré en une guerre civile qui a fait plus de 100.000 morts et des millions de déplacés.

"Nous nous rendrons à Genève pour une mission d'espoir", a déclaré le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon.

Son annonce est intervenue alors que l'émissaire de l'Onu et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi devait rencontrer à Genève les vice-ministres russes des Affaires étrangères et une représentante des Etats-Unis.

Le diplomate algérien, avec l'appui d'un certain nombre de grandes puissances, tente d'organiser une conférence de paix depuis mai. Il avait espéré qu'elle puisse se tenir en décembre.

La participation de l'Iran chiite, grand allié du président Bachar al Assad, qui appartient lui-même à une branche du chiisme, est une importante pomme de discorde. Washington s'y oppose. La Russie et Lakhdar Brahimi sont pour.

L'ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE PÈSERA

Selon les propos de Guennadi Gatilov, vice-ministre russe des Affaires étrangères, rapportés par l'agence de presse russe Interfax, il n'a pas été encore décidé si l'Iran devait être invité. Lakhdar Brahimi a indiqué que la liste des participants était toujours en discussion.

Les Etats-Unis et les gouvernements européens ont dit que l'Iran pourrait être à Genève II s'il accepte le contenu du communiqué de Genève et notamment un gouvernement provisoire.

Devant la presse à New York, Ban Ki-moon n'en a pas dit plus. "Nous avons un objectif clair", s'est-il borné à dire en répétant qu'il s'agissait de la "mise en oeuvre totale" du communiqué de Genève du 30 juin 2012.

L'accord intérimaire conclu dimanche à Genève sur le programme nucléaire iranien, en faisant baisser la tension entre les grands puissances et Téhéran, pourrait toutefois permettre de rapprocher les positions, estiment certains.

Un diplomate de l'Union européenne au fait des questions liées à l'Iran et à la Syrie a déclaré qu'il ne pouvait imaginer que Washington continue à s'opposer à une présence de l'Iran.

En revanche, dans d'autres milieux diplomatiques on ne veut pas présumer de la présence de l'Iran à Genève II du simple fait de la conclusion d'un accord nucléaire.

"Tant que l'Iran n'aura pas publiquement approuvé le communiqué de Genève, et de ce fait clairement fait savoir qu'il soutient l'objectif de la conférence de Genève II, il est difficile de voir comment il pourrait jouer un rôle constructif dans l'établissement d'une solution politique au conflit", a dit à Londres une porte-parole du Foreign Office.

Le chef de la diplomatie britannique, William Hague, a pour sa part jugé qu'une "transition politique signifierait qu'Assad ne peut avoir aucun rôle à l'avenir en Syrie".

SANS ATTENDRE LE 22

Les Etats-Unis ont fait savoir que le secrétaire d'Etat John Kerry participerait bien à la conférence du 22 janvier.

L'émissaire de l'Onu et de la Ligue arabe a dit prévoir de rencontrer à nouveau les organisateurs américains et russes des discussions syriennes le 20 décembre et dit espérer que les différentes parties syriennes seraient en mesure de donner le nom des participants à leur délégation d'ici la fin de l'année.

Mais, il a recommandé au gouvernement syrien et à l'opposition de prendre des mesures pour réduire la violence et établir un climat de confiance sans attendre le 22 janvier. Il n'a pas pour autant demandé un cessez-le-feu préalable.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a fait porter la responsabilité du retard dans la convocation de la conférence à l'opposition syrienne. Il lui a reproché d'avoir posé des conditions à plusieurs reprises pour sa participation, notamment le départ de Bachar al Assad. Or, Moscou estime que ce point ne doit pas être une condition du processus de paix.

"Elle pourrait s'être tenue beaucoup plus tôt si l'opposition s'était sentie responsable de son pays et n'avait pas présenté des conditions quand nous nous sommes réunis en septembre, octobre, novembre", a déclaré Sergueï Lavrov, qui était à Rome avec le président Vladimir Poutine, selon l'agence de presse RIA.

Avec Tom Miles à Genève, Steve Gutterman à Moscou, Paul Taylor et John Irish à Paris, Andrew Osborn à Londres et Michelle Nichols à New York, Bertrand Boucey et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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